posté le 2 février à 20h13 | mis à jour le 2 février à 20h13 | affiché 11454 fois
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Après la brève interpellation puis la libération du colonel Moussa Kéîta, ministre Secrétaire permanent du CNDD, le samedi dernier, le dimanche 31 janvier des rumeurs ont arpenté les rues de Conakry au sujet de l’arrestation supposée du ministre Chérif Idrissa. Pour mieux éclairer la lanterne de nos lecteurs, Guinéenews© est allé à la rencontre de l’homme. Dans cet entretien qu’il nous a accordés, Chérif Idrissa qui ne semble apparemment avoir rien perdu, a balayé de revers ces allégations qu’il qualifie de mensongères faites à dessein pour, dit-il, ternir son image de marque. Il a accepté d’évoquer avec nous l’affaire du mystérieux coup de fil que Dadis aurait passé, au début du nouvel an, à Hadja Rabi et à Dr Fofana, ses voyages en compagnie de El Tigre au Maroc et au Burkina Faso, les coulisses de la signature du protocole d’accord du 15 janvier à Ouaga ainsi que sa vision de la transition et du nouveau chef de gouvernement. Exclusif !
Guinéenews© : Comme le colonel Moussa Kéïta, beaucoup de personnes affirment que vous auriez été mis aux arrêts et que vous seriez même renvoyé de votre chambre d’hôtel. Qu’en dites-vous ?
Chérif Idrissa : Par rapport à ces fausses allégations que certaines personnes répandent à dessein à travers le pays, je pense qu’il n’y a pas meilleure réponse que cette interview que j’accorde à votre organe. Si je suis prisonnier ou si je suis renvoyé de ma chambre, vous êtes en face de moi et vous seriez le rapporter fidèlement à vos lecteurs pour dire si je suis un homme libre de mes mouvements, un prisonnier ou autre. On dit une seule fois de vue vaut mille fois d’entendu. Tel n’est pas là le plus fondamental que ce pays a besoin. Il est donc temps que les gens acceptent de se débarrasser de leurs habitudes rétrogrades pour s’inscrire dans la nouvelle dynamique du changement vers une démocratie réelle. Qu’on sache que dans ce pays, tout le monde est important. Mais toutefois tout le monde ne pas être acteur politique ou décideur. Qu’on accepte d’accompagner positivement la nouvelle direction qui est en train de se mettre en place dans le pays tout en oubliant les vieilles rancœurs qui nous habitent.
Le général Konaté qui assure par intérim les fonctions de président de la République mérite avec le nouveau gouvernement dirigé par monsieur Jean Marie Doré d’être soutenu par l’ensemble des Guinéens et de quelque bord ou obédience politique ou religieuse qu’on se réclamerait. Cette situation de cohabitation nécessite obligatoirement qu’on se donne la main dans la concorde, la paix, le pardon et le respect mutuel. C’est ce qui va éviter au processus déjà enclenché d’être grippé pour quelle que position extrémiste qu’elle soit. Chacun doit se mettre au service de la patrie en acceptant d’accompagner le général Sékouba Konaté et le nouveau premier ministre chef de gouvernement, Jean Marie Doré.
Guinéenews© : Ces derniers temps, on vous a vu en compagnie du général Sékouba Konaté lors de ses déplacements sur Rabat au chevet du capitaine Dadis puis à Ouaga. N’est-ce pas le signe que vous avez changé de camp ?
Chérif Idrissa : Pour répondre à cette question, je vous renvoie à mon décret de nomination. Ce décret stipule que Chérif Idrissa est nommé ministre chargé de la Communication et de l’Information à la présidence de la République et au ministère de la Défense Nationale. Ce qui voudra dire que j’ai pour chef direct le président Dadis et le général Sékouba Konaté. De ce fait, il est normal quand le général Konaté fait un déplacement, un voyage que je puisse faire partie de sa délégation. Puisqu’étant le premier responsable de la communication à la fois la présidence ainsi qu’au niveau du ministère de la Défense nationale.
Retenez que ma participation à la délégation du général Sékouba pour Rabat tient non seulement de la reconnaissance des mérites et des efforts que j’ai consentis pour le pays et pour le CNDD mais aussi de l’affection personnelle qu’il a toujours nourrie pour ma modeste personne. Il est reconnaissant et admirateur du courage dont j’ai toujours eu au service de la nation en général et de mes mandants qui sont lui le général Sékouba et le capitaine Dadis au particulier pendant des moments les plus critiques. Comme indiqué dans mon décret de nomination, ma mission consiste à soigner positivement et dans la mesure du possible leurs images et celle des institutions qu’ils dirigent respectivement.
J’estime qu’il est normal que je puisse voyager à tout moment en compagnie du général quand cela est bien évidemment nécessaire. C’est donc au nom de cette nécessité que j’ai eu à effectuer le déplacement à Rabat et à Ouaga en sa compagnie. Au-delà je n’ai nullement le temps de me focaliser sur les notes de gueule d’autrui pour des raisons bien simples que j’ai bien d’autres préoccupations impérieuses et plus importantes que ce que les racontars distillent. Que ce soit à Rabat, à Ouaga ou à Conakry, j’ai régulièrement eu des séances d’échange avec le général Sékouba par rapport à de nombreux sujets cruciaux qui requéraient forcément mes points de vue qu’il a souvent pris en compte. Il me connaît avec le capitaine Dadis mieux que n’importe quel Guinéen dans le cadre du travail que j’effectue. Ce qu’il faut savoir en sus, c’est qu’entre ces deux personnes, il est extrêmement difficile de créer une démarcation. Mon rôle devient dès lors assez délicat entre les deux. Ce contexte commandait à ce que j’observe la stricte neutralité entre le capitaine Dadis et le général Konaté pour pouvoir exécuter de façon juste et convenable ma mission.
Guinéenews© : A la faveur de signature des récents accords de Ouagadougou, une nouvelle dynamique a été insufflée au processus de la transition. Dites-nous, vous qui avez participé aux tractations ayant abouti à la signature de ce protocole d’Accords, les coulisses de ce tournant majeur ?
Chérif Idrissa : Les Guinéens doivent apprendre à voir les réalités en face et à les admettre comme telles. Comme le dit cet adage qu’on ne peut pas être devant le WC pour dire qu’on ne peut pas sentir ce qui est à l’intérieur. Ce qui doit donc appeler le sens d’objectivité des uns et des autres. C’est raison pour laquelle le général Konaté a eu à faire le déplacement de Rabat ensuite la capitale burkinabé, Ouagadougou. Avec les nouvelles donnes, il fallait absolument s’inscrire dans une nouvelle dynamique. Cette dynamique a été amorcée depuis le discours du 6 janvier du général Sékouba Konaté, président par intérim de la République. Ce discours a marqué pour notre pays l’avènement d’une nouvelle ère. Ce qui exige impérativement pour tout Guinéen un nouveau comportement. Et pour atteindre cet idéal, le président par intérim a décidé d’aller rencontrer en personne le facilitateur désigné de la CEDEAO dans la crise guinéenne, le président Compaoré afin de prendre quelques sages et utiles conseils, discuter d’un certain nombre de choses allant dans le sens d’un dénouement rapide de la crise politique qui opposait le CNDD aux Forces Vives. C’est justement pour ces motifs que le général Sékouba, président de la transition a fait le déplacement de Ouaga.
L’initiative de ce déplacement a été prise depuis Rabat d’abord où on a eu à passer plus de temps que prévu à cause des échanges que le président Dadis à pu avoir avec son frère d’arme, le général Konaté, le président par intérim. Les deux hommes ont finalement pu accorder les violons quant au choix d’un nouveau premier ministre issu des rangs de l’opposition, notamment du Forum des Forces Vives. J’ai eu même à annoncer à l’époque sous le contrôle des deux cette nouvelle. C’est ce qui fut matérialisé à son retour à Conakry. Ensuite il fallait aller rencontrer le médiateur pour peaufiner et diligenter cette décision historique qui ouvrait désormais une période de cohabitation entre le CNDD et les Forces Vives. Et avant qu’on y arrive, on a trouvé que le président Dadis venait de quitter son lit d’hospitalisation à Rabat. Une fois arrivé donc à Ouaga, le général Konaté a eu un franc parlé direct avec son frère d’arme le président Dadis.
Guinéenews© : Était-il vrai qu’il avait menacé de rendre le tablier au cas où il se heurtait à une possible résistance du capitaine Dadis ?
Chérif Idrissa : Vous savez, on était à une phase de blocage dans la crise et qu’il fallait énormément de sacrifices, de perspicacité et du patriotisme. L’heure n’était ni aux discours creux ni à la démagogie politicienne. C’est pourquoi en allant à Ouaga, le général avait pris soin de s’armer en plus de ses bonnes intentions qu’il avait à proposer au président Dadis, sa lettre démission qu’il n’a pas occulté de présenter au facilitateur. Cela a failli faire capoter tous les efforts. C’est pourquoi tout le monde s’est jeté à ses pieds pour le supplier de revenir sur sa décision. Parce que le président Dadis étant absent du pays pour raison de maladie et convalescent à Ouaga et le général sur qui porte l’espoir de tout le peuple de Guinée pour pouvoir nous ramener sur les rails si lui démissionnait, c’en était, peut être, terminé pour nous. Ce qu’on appelle bonjour à toutes les catastrophes possibles. Il fallait créer toutes les facilités et toutes les conditions pour vite aller à cette cohabitation politique devant sortir la Guinée de l’ornière en lui donnant un nouveau souffle. Et par la grâce de Dieu et les bénédictions dites dans les différentes prières, le pire a été évité pour le pays. Ainsi avec les pourparlers que le général Sékouba a eus avec le capitaine Dadis, la situation s’est vite clarifiée. Très rapidement, le président Dadis a accepté les propositions qui lui ont été soumises par le président par intérim, le général Konaté. Le capitaine Dadis s’est persuadé que sa santé passait au dessus de tout et toute ambition politique fut-elle la présidence de la République. C’est pourquoi, il a, en toute liberté, consenti de transférer ses charges de président de la République à son ami, le général Sékouba Konaté pour que le pays ne s’enlise pas davantage dans la crise. Et le général Konaté lui a clairement demandé ses bénédictions et prières afin de conduire au mieux cette difficile et exaltante mission qu’il venait de lui confier.
Guinéenews© : Depuis un certain temps vos déclarations sur les chaînes de médias étrangers se font de plus en plus rares. Expliquez-nous pourquoi ce choix du silence ?
Chérif Idrissa : Au moment où je m’exprimais sur les chaînes étrangères, la Guinée était victime d’un véritable lynchage médiatique qui était l’œuvre de certaines personnes par l’intermédiaire de certaines presses étrangères. Lesquelles lançaient un discrédit total à la fois sur le peuple de Guinée que sur ses dirigeants politiques. Dès lors, il était de mon devoir de monter au créneau et défendre la patrie qui était attaquée injustement. L’image de la Guinée en avait pris un rude coup, les bailleurs de fonds et autres investisseurs fuyaient au jour le jour notre pays pour rentrer chez eux ou aller à ailleurs. Ceux qui étaient prêts à nous apporter leurs aides en nous accompagnant dans ce processus étaient aussi découragés. Donc il fallait agir et démontrer le contraire. On ne peut ne pas voir son pays dans une telle posture et garder le mutisme. Cela n’est pas normal. Les leaders de ce pays ont toujours lutté pour notre indépendance. Je ne vous apprends rien en disant que notre liberté, notre souveraineté politique a été obtenue au prix de beaucoup de sacrifices. Je pense que c’est pour toujours sauvegarder ces acquis incommensurables que nous avons jugé nécessaire de réagir. Je crois dur comme fer qu’il ne fallait jamais baisser les bras devant ces attaques. On n’a pas fait que ça, on a également lancé un appel pressant à tous les acteurs politiques surtout de l’opposition à se donner la main avec le CNDD, à dialoguer ensemble pour la mise en place d’un gouvernement d’union nationale comme c’est le cas présentement. Car seul un dialogue franc et sincère, le pardon et l’acceptation de l’autre pourra nous aider à remonter nos difficultés.
Ce silence dont vous faites allusion semble être normal dès lors que ces attaques ont cessé contre la Guinée et que tous les acteurs politiques ont tendance à réaliser l’unité et la cohésion nationale qu’on a longtemps réclamées. Aujourd’hui, nous gardons de bons rapports avec l’opposition et la main dans la main, nous allons avancer vers l’idéal commun d’une démocratie véritable. Ce qui ne veut point dire qu’il n’existe pas la contradiction des idées. Car c’est de la contradiction que jaillit la lumière, dit-on. Aujourd’hui nous échangeons avec les syndicalistes, les leaders de partis politiques… Ce qui voudra donc dire que le temps est venu pour le grand bond politique, la grande révolution démocratique guinéenne. Qu’on sache qu’on n’a pas devant soit un ennemi mais plutôt un frère et l’intérêt suprême de la nation pour lequel nous nous battons tous. Qu’on soit du CNDD ou des Forces Vives, nous agissons, œuvrons et parlons tous au nom de ce pays. Alors pourquoi ne pas se donner les mains pour conférer à la mission du nouveau premier ministre une réussite totale. Ce premier ministre qui est issu de forces vives a une certaine aura qui crée de plus en plus un consensus national entre tous les acteurs politiques.
Guinéenews© : Pour de nombreux guinéens aujourd’hui, vous êtes de ceux-là qui ont contribué à désorienter ou à faire dérouter le capitaine Dadis de ses promesses du 23 décembre 2008. Que répondez-vous à cette accusation ?
Chérif Idrissa : Dans la vie, il faut tout accepter. Parce que souvent chacun pense, dit et travaille pour soit. Ce que je retiens des Guinéens dans leur grande majorité, c’est que généralement nous aimons cautionner les rumeurs, des discrédits ou des fausses allégations sur son prochain. C’est vraiment un pays de rumeurs et des préjugés tout fait par excellence. Il y en a qui sont tellement passés pour des experts qu’ils sont capables de vous attribuer des intentions ou des attitudes que vous n’avez jamais eues dans votre vie. Ils les inventent à tort et à travers et ils te les collent à la peau. C’est ce qui est vraiment regrettable pour une nation qui se targue d’être policée. Mais je me dis dans mon tréfonds que pour quelqu’un qui se prend au sérieux ne perdra pas son temps à écouter et à et interpréter ce qui vient par le vent. Tout cela est à mettre au compte du chômage chronique qui frappe les Guinéens.
C’est pourquoi, nous avons tout intérêt que la Guinée aille rapidement aux élections pour permettre enfin aux investisseurs de s’implanter et de résorber ce gravissime fléau du chômage, terreau de tous les travers sociaux. Je n’ai pas ce temps de répondre aux vendeurs d’illusions à ces prédicateurs invétérés qui ne peuvent pas vivre sans torpiller et jeter de l’opprobre sur les autres. Le chien aboi, la caravane passe.
Comme toujours, ma conviction est faite en ce qui concerne mon pays. C'est-à-dire agir et ignorer les bruits de sirènes d’accoté. Je ne me laisserais guère distraire par eux. Mon idéal et le seul est de voir ce peuple où qu’il se trouve jouir enfin d’un mieux-être auquel nous avons longtemps aspiré. Tout le monde m’a connu après les douloureux événements du 28 septembre. Ce que j’ai eu à faire, peut ne pas être perceptible ou compris par tout le monde. Mais le général Sékouba Konaté ou le président Dadis peuvent le témoigner à ceux-là qui auront la chance de les rencontrer un jour ou autre. Je suis loin de celui qui peut mal orienter quelqu’un. De toutes les façons, la sagesse voudrait qu’on agisse et laisse le soin aux autres de d’apprécier. Je me dis avec la libre conscience que mes efforts ne sont pas restés vains à cause de ce que le pays est en train d’amorcer maintenant. De toutes les façons si j’étais de mauvaises foi comme le pensent certains, je crois que la situation serait aujourd’hui tout autre.
Dans la vie tout ce que tu dois faire, fais-le avec sincérité, franchise et patriotisme. Même si les gens ne vous le reconnaîtront pas, Dieu vous le payera un jour. Quelque soit tes biens faits et quoique tu fasses, il y aura toujours des éternelles insatisfaites personnes qui vous dénigreront. Rien à faire on ne peut rien pour les contenter aussi. Pour ma part, je dis que les membres du CNDD et plus particulièrement le capitaine Dadis et le président par intérim, le général Konaté sont les deux personnes les mieux placées pour me juger sur la base de ce je dis et fais.
Guinéenews© : Vous êtes également accusé d’être le commanditaire du fameux coup de fil que le capitaine Dadis aurait passé à Hadja Rabiatou et Dr. Fofana pour leur souhaiter ses meilleurs vœux qu’en dites-vous ?
Chérif Idrissa : Je ne voulais vraiment pas m’inscrire dans cette polémique. Mais puisqu’apparemment elle persiste je me vois donc dans l’obligation de rompre la loi du silence et dire quelques mots par rapport à ces propos que ma sœur aînée Hadja Rabiatou a tenu à l’encontre de ma personne. Je vous avoue sans démagogie aucune que Hadja Rabiatou est pour moi une femme pour laquelle j’ai beaucoup d’admiration et de respect. Tant pour son engagement syndical, sa bravoure et sa volonté effrénée de se battre pour la défense des intérêts du monde des travailleurs en Guinée. Elle est une femme qui est l’incarnation vivante du courage et de la persévérance. J’apprécie vachement ces qualités rares en elle parce que moi aussi je suis épris du courage et de persévérance.
Sachez pour la petite anecdote qu’une fois je suivais la télé en compagnie de ma fille et entre temps on a sortie Hadja Rabiatou, j’ai dit à ma fille voilà le genre de femme à laquelle je voudrais que tu ressembles dans ta vie. Parce que tout simplement elle est une battante. Cependant, j’ai été outré et scandalisé lorsqu’elle a eu à tenir une telle allégation sur ma personne. A Rabat, j’étais assis en compagnie du général Sékouba Konaté avec le colonel Korka Diallo dans la chambre du président Dadis lorsque ce dernier a dit qu’il paraîtrait que les gens veulent aller en grève à partir du 5 janvier et que la déclaration aurait été déjà faite par hadja Rabiatou… Le capitaine Dadis a ajouté ceci : « Moi j’adore cette femme pourtant parce qu’elle m’a apporté son soutien nécessaire lors des différents pourparlers de Ouagadougou. Il a aussitôt demandé à rentrer en contact avec Hadja Rabiatou et il a dit appelez-moi cette femme je vais lui parler, je vais la saluer. Mais très malheureusement sur le champ aucun parmi nous n’avait ses contacts téléphoniques. Ni moi ni le général Sékouba encore moins le colonel Korka. D’ailleurs, je vous informe qu’à Rabat dans la chambre de malade du président Dadis personne ne rentrait avec son téléphone. Et personnellement, je n’ai jamais rencontré ni discuté avec Hadja Rabiatou Sérah par le passé. Comment et par quelle magie possible je peux avoir son numéro de téléphone et le mettre en contact avec le président Dadis. Je crois qu’elle aussi n’avait pas mes contacts téléphoniques. Alors je suis complètement chagriné quand elle a affirmé que c’est par mon truchement qu’elle a reçu ce coup de fil du capitaine Dadis.
Dieu merci le président Dadis est encore bien vivant à Ouaga et son intérim le général Konaté est présent à Conakry, elle peut se renseigner davantage auprès d’eux. Quand il demandait de parler avec elle ça s’est fait devant témoin comme le général Sékouba et le colonel Korka. Et ce qui est absurde dans tout cela c’est de pousser le mépris jusqu’au point de vouloir me renier ma nationalité, ma citoyenneté guinéenne. Je me dis qu’elle ne connait vraiment rien sur moi. Elle ignore tout sur moi. Mais on dit souvent que quand on ne connait pas quelque chose, on se renseigne ou on se tait. C’est mieux que d’accuser.
J’ai une partie de moi qui vient de la région d’où elle est originaire. Ce sera mieux qu’un jour, elle et moi, nous nous retrouvions pour échanger un peu et chacun sera totalement édifié sur l’autre. Je sais qu’elle et moi devons partager en commun beaucoup de choses. De toutes les façons, il n’existe pas un sang ivoirien différent d’un sang guinéen ou burkinabé. Il y a simplement un sang rouge qui coule dans les veines de tout un chacun, blanc ou noir, asiatique ou arabe, chrétien ou musulman. Mais je mets tout ceci au compte de la colère et de la passion qu’elle éprouve dans son combat pour le pays. Cette écorchure sur ma personne n’affecte aucunement l’affection que j’ai toujours eue pour elle, pour ses qualités, son amour de notre patrie commune la Guinée que nous aimons tous autant qu’elle.
Guinéenews© : Comment percevez-vous aujourd’hui l’avènement d’un nouveau premier ministre issu de l’opposition ?
Chérif Idrissa : Avant la tentative d’assassinat dont il a été l’objet le 3 décembre, j’ai été de ceux-là qui le conseillaient à ce que la primature revienne désormais à l’opposition. C’est suite à cette demande, il a appelé juste après les regrettables événements du stade du 28 septembre la mise en place d’un nouveau gouvernement dit d’union nationale dirigé par un premier ministre venant de l’opposition. A propos, je n’ai pas manqué de faire prévaloir mes sentiments même au général Konaté à l’époque. Il est quand même lui bien placé pour apprécier ma position par rapport à ce gouvernement d’union nationale.
A Rabat également, sur instructions conjointes de mes deux mandants, le capitaine Dadis et le général Sékouba, j’ai été la toute première personne à annoncer ce principe de nomination d’un premier ministre issu des rangs du Forum des Forces Vives conformément aux pourparlers de Ouagadougou. C’est ce que le général Sékouba a tenu à annoncer solennellement dans son discours du 6 janvier. Ce n’est pas une décision qui a été orchestrée dans l’avion entre Rabat et Conakry. C’est depuis Rabat que ce principe a été acquis entre les deux personnalités. Je suis aujourd’hui l’un ceux-là qui ont approuvé le choix d’un nouveau premier ministre venu de l’opposition. Je ne cherche pas à me faire plaire par personne. Mais une chose reste claire, il faut que ce pays s’inscrive véritablement dans la dynamique du changement qualitatif et quantitatif, je dirais de l’évolution. Il ne sert à rien de changer si on n’évolue pas positivement.
Concernant le choix du nouveau premier ministre, je reste tout à fait réconforté pour moi-même et pour la patrie en tant que ministre et conseiller. Parce que j’ai souscrit à quelque chose que j’estime important pour la Guinée qui est en marche aujourd’hui. Lors de mes différents entretiens avec le capitaine Dadis à Ouaga et à Rabat, je lui ai toujours montré que ce choix d’un premier ministre de l’opposition allait grandement le soulager. Un jour viendra l’histoire jugera chacun de nous en fonction de ce qu’il a dit ou fait pour le pays.
Propos recueillis par Camara Moro Amara
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Amara Moro Camara Conakry, Guinée 224.60.45.00.22
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