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    samedi, 17 avril 2021
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    🛑 Focus – GuinĂ©e : Le rĂ©gime de Conakry sans vĂ©ritable contre-pouvoir…

    « Une dĂ©mocratie sans un rĂ©el contre-pouvoir, est le signe prĂ©monitoire d’installation d’une autocratie radicale et sans fin en RĂ©publique de GuinĂ©e…»

    Alpha CondĂ© a Ă©tĂ© officiellement investi en dĂ©cembre dernier comme premier prĂ©sident de la IV rĂ©publique, suite Ă  la prĂ©sidentielle du 18 octobre 2020, contestĂ©e par l’opposition rĂ©publicaine. Mais bien avant ça, dans les Ă©lections lĂ©gislatives du 22 mars 2020, malheureusement Ă©maillĂ©es d’incidents, le parti au pouvoir et ses alliĂ©s ont presque tout raflĂ© sur leur passage, puisque boycottĂ©es par les principaux partis de l’opposition. ConsĂ©quence : la GuinĂ©e a vĂ©ritablement une assemblĂ©e monolithique mĂȘme s’il se dit que certains « dĂ©putĂ©s » de cette nouvelle lĂ©gislature feraient le bon boulot en ce moment !

    L’argent, les dĂ©crets et l’octroi des marchĂ©s de l’Etat, l’arme fatale du prĂ©sident !

    Il y a un adage populaire en GuinĂ©e qui dit que « chacun a un prix ». Cette assertion est couramment utilisĂ©e par des anciens Premiers ministres, ministres, hauts cadres voire mĂȘme des partisans et autres sbires du pouvoir. Fort de cette arme, le chef de l’Etat s’en est servi jusqu’Ă  plus soif.

    On le voit, l’argent, les marchĂ©s de l’Etat et les dĂ©crets prĂ©sidentiels sont des indicateurs et armes efficaces donnant une marge de manƓuvre au prĂ©sident pour asseoir son hĂ©gĂ©monie sur les populations.

    D’ailleurs, il vous souviendra qu’au lendemain de son installation en 2010, le prĂ©sident CondĂ© avait jurĂ© « d’enterrer » l’opposition guinĂ©enne. Pour y arriver, il a tout d’abord Ă©crasĂ© les syndicats et la sociĂ©tĂ© civile, considĂ©rĂ©s jusque-lĂ  comme des contre-pouvoirs depuis la fin de rĂšgne de feu Lansana ContĂ© (2006-2008). MĂȘme une partie de la presse, qui rĂ©siste encore tant bien que mal semble ĂȘtre maĂźtrisĂ©e par le prĂ©sident.

    Ayant fini d’anĂ©antir presque toutes les forces vives de la nation (acteurs politiques,  sociĂ©tĂ© civile, syndicats, une partie de  l’élite…), dĂ©sormais le chef de l’Etat fait face au vrai dĂ©fi de dĂ©veloppement de la GuinĂ©e avec l’extrĂȘme pauvretĂ© qui gangrĂšne les citoyens guinĂ©ens.

    RĂ©ussira-t-il ?

    Peut-ĂȘtre, comme on l’apprend de certains observateurs avisĂ©s de la scĂšne politique guinĂ©enne, le vrai contre-pouvoir en ce moment viendra de l’intĂ©rieur du mĂȘme systĂšme car comme dirait l’autre, « le meilleur moyen de renverser un gouvernement, c’est d’en faire partie ». Pour preuve, le prĂ©sident continue Ă  attaquer rĂ©guliĂšrement les membres de son gouvernement et les hauts cadres du pays.

    Par ailleurs, qu’on se le tienne pour dit, une dĂ©mocratie sans un rĂ©el contre-pouvoir, est le signe prĂ©monitoire  d’une autocratie radicale et sans fin en RĂ©publique de GuinĂ©e !

    MĂ©ditons-y !

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