Audiences criminelles de Labé : près de 80 % des dossiers traitent de cas de viols (procureur)

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TPI, Labé, juges

Lancé le jeudi 12 décembre 2019 au tribunal de première instance de Labé, les audiences criminelles au compte de leur seconde session en cette année se poursuivent dans les cinq (5) préfectures de la région administrative. Sur plus de quinze (15) dossiers inscrits au rôle, près 80 % de ceux-ci traitent de cas de viols et de tentative de viol sur mineurs en général, à en croire  Patrice Koma Koivogui, substitut du procureur près le tribunal de première instance de Labé.

Pour la région administrative de Labé, c’est une seule équipe qui a la charge de traiter tous les dossiers criminels. Cette équipe doit se rendre dans les 5 préfectures pour y tenir les audiences criminelles, comme l’explique ici le substitut du procureur près le tribunal de première instance de Labé.

 «Par rapport au nombre de dossiers, pour ce qui est de Labé centre, nous avons 8 dossiers ; à Lélouma 4 dossiers, à Mali nous avons 1 dossier, à Tougué nous avons 2 dossiers. Pour Labé nous avons épuisé l’essentiel. Pour le moment il reste deux dossiers qui seront débattus dans les jours à venir», explique notre interlocuteur.

Qui ajoute ensuite que: « ces dossiers à Labé concernaient des cas de viols et d’assassinat. Par rapport aux verdicts, c’est dans un seul dossier d’assassinat qu’il y a eu acquittement, et dans tous les autres il y a eu condamnation avec des peines, allant jusqu’à 3 ans de prison ferme. Il y avait 5 dossiers de viols à Labé. Nous étions à Lelouma hier mardi, et nous avons pratiquement terminé les 4 dossiers qui étaient au rôle. A Lelouma pour les 3 dossiers de viol, il y a eu des condamnations de 1 an d’emprisonnement jusqu’à 10 ans. Et dans l’autre dossier, les faits de viol qu’on reprochait à l’accusé ne tenaient pas. Il n’y a que les faits de coups et blessures qui ont été retenus contre lui. Donc, l’intéressé a été condamné au temps mis en prison», soutient Patrice Koma Koivogui.

Ainsi, le substitut du procureur près le tribunal de première instance de Labé déplore le fait que ces cas de viol intéressent en général des mineurs : « nous sommes rentrés hier ; on se prépare et une fois qu’on aura épuisé les dossiers qui sont en instance ici à Labé, on va continuer la tournée vers Tougué, Mali et Koubia. Les dossiers que j’ai reçus pour le moment sont tous des cas de viol. Le constat est que je peux dire jusqu’à 80 % des dossiers criminels que nous jugeons sont pratiquement des cas de viol. Ce qui est un peu marrant, c’est que c’est des cas de viol d’adolescents et de mineurs pour la plus part», regrette le substitut du procureur.

Une situation saluée par Kadiatou Teliwel Diallo, directrice d’une organisation locale de défense des droits des femmes : « d’abord je pense qu’il faut se féliciter de la situation dans la mesure où les langues commencent à se délier, parce que c’est un phénomène qui était carrément arrangé entre les familles, qui n’arrivait pas à la justice. Si maintenant les gens ont pris conscience d’aller porter plainte, d’aller vers les juridictions, je pense que c’est quelque chose de très important et c’est un grand pas dans la lutte contre le viol», se réjouie-t-elle.

Patrice Koma Koivogui a fini par tirer la sonnette d’alarme en ces termes: « c’est un message d’appel à faire confiance à la justice, et surtout un message à l’endroit des parents, quant à l’encadrement des enfants puisque nous avons constaté que les derniers dossiers de viol que nous avons, c’est pratiquement des adolescents. Pour ce qui est de notre côté, on fera de sorte que la répression soit le moyen le plus dissuasif pour que ces actes cessent ou diminuent dans la région», rassure le substitut du procureur près le tribunal de première instance de Labé.

Il faut signaler que ces audiences mobilisent du monde dans les maisons de justice de la région, où elles se tiennent.