Abandon des travaux de l’axe Guélémata-Soumaorosso: une catastrophe en perspective pour les usagers

janvier 11, 2019 11:38

Les travaux de la route de Soumahorosso, longue de 85Km et dont la première pierre a été posée à Guélémata en mai 2018 à la faveur de la journée du paysan par le président Alpha Condé, sont aujourd’hui abandonnés. Car, l’entreprise qui devait exécuter les travaux a disparu. Selon le chef du district de Madina, Mamady Chérif, l’entreprise en question appartient à Fassou Goumou, l’ex-candidat malheureux à la l’élection du maire de la commune de N’Zérékoré.

D’après Mamady Chérif, l’entreprise de Fassou Goumou a détruit les deux ponts en bois du village de Madina ainsi que tous les ponts du tronçon. «Depuis que les travailleurs de Fassou Goumou sont partis en juin dernier sous prétexte que c’était la pluie, ils ne sont jusqu’aujourd’hui pas revenus. Alors que nous sommes actuellement en saison sèche, une période où le niveau d’eau du fleuve a drastiquement baissé. Cette situation est actuellement très difficile pour nous les usagers de cet axe routier», se lamente-t-il.

Cette situation est préoccupante, estime Karamo Bamba, un leader des jeunes de la localité, qui s’interroge comment une entreprise peut bien refuser d’exécuter un contrat qu’elle a signé avec un État.

Devant la souffrance des populations, Bamba affirme avoir déjà pris des contacts avec les jeunes des villages de Madina, Goh, Foumgbedou, Moribadou en vue de trouver une solution alternative.

«Nous  allons mobiliser les jeunes de ces villages pour faire un pont de fortune.  La dernière saison pluvieuse  a été catastrophique pour nos localités. Car, ces ponts ont été emportés par des inondations qu’il y a eues. Si cette année, la route est déjà impraticable au mois de janvier, c’est incompréhensible et cela présage qu’en saison pluvieuse, le trafic serait encore plus difficile. C’est pourquoi nous allons construire ce pont de fortune  afin de nous permettre d’écouler nos marchandises sur le marché. Nous sommes en train de scier des bois et faire une demande aux chauffeurs qui empruntent le tronçon de payer  au moins 20 mille francs guinéens. Ils (les travailleurs de l’entreprise adjudicataire, ndlr) ont détruit nos anciens ponts en bois et nous laissés dans la souffrance. De Guélémata jusqu’à Soumahorosso, ils ont creusé des grands trous dans lesquels nos engins s’embourbent la saison des pluies. Face à cette situation, nous lançons un appel au président de la République Pr Alpha Condé afin de nous aider à faire cet axe routier vital pour nous. Sinon cette année, les deux districts  de Moribadou et tous autres districts situés sur cet axe de Guélémata-Soumaorosso jusqu’à la frontière ivoirienne, seront couper  de Lola », prévient enfin ce jeune leader.

Par ailleurs, joint par Guinéenews pour savoir les causes réelles qui retardent l’exécution des travaux de cet axe routier, Fassou Goumou, l’un des deux entrepreneurs ayant bénéficié de ce contrat, précise:  «Je dois tout d’abord préciser que c’est mon entreprise qui est chargée du reprofilage de la route Guélémata-Soumaorosso. Quant à la construction des dalots et des ponts, elle est confiée à une autre société appelée ‘’Gemancé construction’’ dont le patron est à Conakry. Donc cela veut dire que sur cet axe long de 85km, nous sommes deux entreprises à y évoluer. S’agissant du retard accusé dans l’exécution des travaux, il faut le souligner qu’il dépend du retard enregistré dans le décaissement de fonds destinés à financer les travaux. L’Etat m’a payé les 20% du montant total et j’ai travaillé jusqu’à 36 %  des travaux. J’ai fait la situation sur l’état d’évolution des travaux que j’ai déposée au niveau du gouvernement. C’est tout ce que je peux dire en ce qui concerne mon entreprise.

Je dois également préciser que nous allons bénéficier de nouveaux paiements courant de ce mois de janvier 2019. Nous entrepreneurs, sommes aussi pressés de voir ces travaux prendre fin que les populations. Je souhaite que ce financement  annoncé ait lieu comme prévu dans ce mois de janvier pour que nous commencions les travaux pour finir dans trois ou quatre mois avant la grande pluie