Abdoul Diallo, un Guinéen de NY : « Je suis indigné, mais je garde l’espoir…»

0
1180

C’est avec un cœur serré que je suis les événements douloureux qui endeuillent les familles en ce moment en Guinée. Et je suis choqué de voir le nombre élevé de victimes de la répression systématique de toute expression du droit de manifester dans notre pays. Je me demande même ce que nous avons fait à Dieu pour avoir des dirigeants qui se comportent de la sorte alors qu’ensemble, nous avons mené le combat contre tous les autres régimes autoritaires qui se sont succédé en Guinée pour qu’un nouveau dirigeant sorte des urnes et fasse en sorte que plus jamais les libertés individuelles et collectives ne soient plus bafouées et que le sang du Guinéen ne soit plus versé sur le sol de Guinée.

Je suis indigné et profondément écœuré de suivre ce qui se passe aujourd’hui sur la terre qui m’a vu naître. Je suis scandalisé de constater qu’après tant d’années de lutte pour le changement dans le comportement et  habitude des Guinéens (dirigeants  et politiciens) pour le salut du peuple, la marche à reculons dans l’enfer demeure la mode.

Mon rêve du développement de ma terre natale dans l’unité et la cohésion sociale s’amenuisant, je me réveille chaque fois dans ces derniers temps de mes rêves cauchemardesques me posant des questions sur la véracité des multiples témoignages de ces nombreux et paisibles citoyen(e)s terrorisé(e)s dans l’exercice de leur droits fondamentaux, parfois même dans leurs propres domiciles privés par ceux-là qui sont censés les protéger.

Je suis sidéré de voir un gouvernement et des politiciens en mal de modèle de bonne gouvernance transformer notre capitale Conakry et certaines villes provinciales en une scène de crimes quotidiens où son système répète à chaque événement les mêmes dérives et les mêmes inepties sanguinaires.

Merde à ses forces de désordre !

Merde aux dirigeants (pouvoir et opposition), véritables criminels à col blanc qui ne cessent, par leur politique politicienne endeuiller d’innocent(e)s compatriotes pour seulement satisfaire leur sale besogne et intérêts égoïste.

Je suis triste et désolé que Alpha Condé paye aujourd’hui tous les Guinéens qui ont battu les pavés de partout dans le monde pour sauver sa propre vie quand il croupissait dans la prison dite sûreté de Conakry.

Je suis navré et estomaqué qu’Alpha Condé et ses acolytes refusent systématiquement le dialogue, rien que le dialogue aux syndicats des enseignants pour le simple bénéfice de nos enfants de jouir leur droit universel à l’éducation.

Pendant que les chefs d’Etat des pays voisins comme le Mali, le Sénégal, la Sierra Leone, le Ghana et la Côte d’Ivoire projettent eux, l’image de dirigeants vertueux prêts à s’embarquer dans le train du leadership économique et social gagnant, chez moi en Guinée, mes leaders et mon gouvernement préfèrent s’embourber dans l’enfantillage machiavélique de « diviser » le peuple ; cette sale besogne qui consiste à « régner » en prédateur des recettes publiques en hypothéquant les ressources minières à coups de millions de dollars américains et laisser aux générations futures un lourd fardeau.

Gloire à Dieu ! Le Tout puissant et Miséricordieux !

Je dénonce avec la dernière énergie par ma plume, ma langue, mes moyens et prières toutes celles et tous ceux-là de près ou de loin s’emploient à opprimer, réduire en silence, assassiner ces concitoyens sans raison autre que la haine pour se maintenir au pouvoir qui n’est guère éternel.

Éternel ? Jamais !

D’ailleurs, bientôt et très bientôt, Dieu fera ce qu’il a écrit, Alpha Condé étant au crépuscule de son règne.

J’ose espérer qu’en prenant en main notre destin, dans les jours et mois à venir, Dieu nous aidera à nous débarrasser de cette gouvernance qui ôte la vie à nos frères et sœurs à Conakry et dans le reste du pays ; et ces discours haineux et revanchards qui opposent chaque jour que Dieu fait les uns aux autres, encouragent la haine et le repli identitaire en lieu et place d’unir pour bâtir un modèle de réussite en Afrique de l’Ouest

Ceux qui me connaissent savent que je me suis toujours retenu de commenter la situation politique de mon cher pays. Mais au vu de tout ce qui continue de se passer, je ne peux rester indifférent, car je pleure nos morts.

Comme bon nombre de Guinéens, je vis à l’étranger. Je me bats jour et nuit aux côtés de mes compatriotes pour réaliser le rêve commun d’une Guinée unie, indivisible et florissante. Et je reste profondément attaché à Conakry précisément à Gbessia Cité 2 où je suis né et grandi. J’y ai passé une grande partie de ma jeunesse avec des voisins venus de tous les horizons du pays et fiers de vivre ensemble.

La Guinée de mon enfance qui m’a vu naître est cette Guinée qui ne nourrit aucune haine envers mon père originaire de Mombeya à Dalaba, et qui ne nourrit aucun discours de division entre fils de la Basse Guinée, de la Moyenne Guinée, de la Haute Guinée et de la Guinée Forestière.

Elle est la Guinée de Tonton Demba Soumah de « Khabitaya », du Commandant François Poe de  « Zalikolè », de Commandant Facély Condé « Fakoly Kounba », de Commandant Kaba Keh « Kankan

DONC, A TOI QUI TE DEMANDE : OUI ! JE SUIS DE LA BASSE COTE, J’Y SUIS NE et GRANDIT et je ne connais que là. Par contre, mon père est de la Moyenne Guinée Mombeya (Dalaba).

Mais disons-le clairement : l’heure est grave plus de 103 Guinéens ont été assassinés. Nul ne peut bâtir une nation dans l’injustice et aucun homme ne vaut le sacrifice de nos liens séculaires. Nous avons le devoir de nous dresser comme un seul homme contre le projet funeste de ce système de gouvernance pour sauver le pays de l’abime.

Aujourd’hui, le devoir de nous dresser comme un seul homme contre le projet funeste de ce système de gouvernance pour sauver le pays de l’abime est plus que pressant.

Cela dit, soyons juste envers nous-mêmes et envers les autres, revenons aux fondamentaux, aux valeurs africaines de justice, de solidarité entre frères et sœurs du même pays.  Pour un meilleur avenir pour tous, rejetons la haine, le sectarisme, l’ethnocentrisme et œuvrons ensemble à bâtir une nation inclusive.

Bâtissons une Guinée de GBESSIA CITE 2.

Je termine mon appel par cette sagesse d’Aleksandr I. Solzhenitsyn pour tous mes frères et sœurs guinéens qui sont silencieux fasse a cette injustice : « En gardant le silence sur le mal, en l’enfouissant si profondément en nous qu’aucun signe n’en apparaît à la surface, nous l’implantons, et il se multipliera par mille à l’avenir. Lorsque nous ne punissons ni ne reprochons les malfaiteurs, nous ne protégeons pas simplement leur vieillesse triviale, nous déchirons ainsi les fondements de la justice des nouvelles générations. »

QUE DIEU BENISSE MA CHERE GUINEE.

Abdoul Diallo

Consultant

Vice-Président ACTION GUINEA

Ex-Président GUICA NY-NJ-CT