Aboubacar Sidiki Mara incarcéré : Les avocats accusent Alpha Condé et menacent

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Le collectif des avocats du syndicaliste Aboubacar Sidiki Mara arrêté il y a près d’un mois dans la ville minière de Boké, sont montés au créneau pour dénoncer l’implication de l’exécutif dans cette affaire judiciaire.  C’était ce jeudi qu’ils ont fait savoir à la maison de la presse à Coléah.

A l’entame, Me Paul Yomba Kourouma le porte-parole du collectif a loué le professionnalisme de certains magistrats dont la présidente de la chambre de contrôle de la cour d’appel de Conakry Irène Hadjimalis et le juge d’instruction Sékouba Condé du tribunal de première instance de Dixinn. Ce dernier, dit-il, ayant trouvé ce dossier léger, a ordonné la mise en liberté provisoire du syndicaliste. Quant à Irène Hadjimalis, elle aurait confirmé cette décision du juge.

« Mais, poursuit Me Paul Yomba, les avocats du camarade Mara se sont heurtés après ces décisions, à des difficultés au recours fantaisistes et abusifs de parquet dans le seul but de maintenir le syndicaliste ». Il accuse le chef de l’Etat d’être derrière l’arrestation et l’incarcération du syndicaliste. Me Paul Yomba Kourouma s’est dit surpris que ce soit « le chef de l’Etat lui-même, président de la République, gardien de notre stabilité institutionnelle, qui a prêté serment de respecter et de faire respecter la loi, qui ordonne à des hauts dignitaires l’arrestation d’un citoyen, de surcroit un syndicaliste en plein exercice de ses libertés syndicales. »

Ayant presque épuisé tous les moyens à l’interne mis à leur disposition par la loi, Me Paul Yomba Kourouma avertit néanmoins qu’ils ne baisseront pas les bras. Les avocats projettent de saisir la cour de justice de la CEDEAO «  pour violation des droits de l’homme, arrestation et détention arbitraire » si toutefois cette huitaine Aboubacar Sidiki Mara n’est pas mis en liberté. Ils persistent et signent qu’aucun parquetier n’a pu imputer au camarade Mara une quelconque infraction.

A rappeler qu’Aboubacar Sidiki Mara a été arrêté depuis le 8 mai dernier dans la ville minière de Boké où il était parti pour toucher du doigt aux conditions de travail des miniers. Il est  poursuivi pour incitation à la révolte et trouble à l’ordre public.