Aboubacar Sylla: pourquoi il n’y a pas eu d’appel d’offres au port autonome de Conakry ?

août 16, 2018 9:27
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«Certaines personnes ne veulent pas que le Port entre dans une nouvelle phase d’évolution.Qu’il s’ouvre à la modernité dans l’intention de préserver leurs petits privilèges. Ces personnes préfèrent leur bonheur individuel.»

En conférence de presse ce jeudi 16 août, le ministre d’Etat, ministre des Transports, Aboubacar Sylla, s’est largement exprimé sur la concession du Port Autonome de Conakry (PAC), a-t-on constaté sur place.

Dès l’entame de son intervention, Aboubacar Sylla a déclaré qu’il ne voit pas dans cette concession, un seul élément ou une seule disposition défavorable à la Guinée. Au contraire, a-t-il soutenu, le Port de Conakry va bénéficier d’une expertise étrangère (…). «Dans quelques années, le Port de Conakry va rivaliser  certains Ports sous-régionaux», a-t-il promis.

Pourquoi n’y a-t-il pas eu un appel d’offres,  le ministre Aboubacar Sylla répond:

 «si on devait élaborer un DAO (Dossier d’Appel d’Offres) et un cahier des charges complets pour une installation aussi complexe que le Port de Conakry…, tenez-vous bien, lancer un DAO, recruter une société d’ingénieurs conseils, sélectionner un adjudicateur, négocier le contrat, discuter les conditions dans lesquelles les financements puissent être mis en œuvre, nous serions partis pour une bonne année. Or, nous avons pensé que c’était urgent pour sortir le plus rapidement que possible le Port de Conakry de sa léthargie (…)»

Poursuivant, Aboubacar Sylla a rappelé qu’aucune disposition du Code des marchés publics n’interdit le marché de gré à gré. «Une société intéressée s’est présentée dans le cadre des relations privilégiées et de confiance qui est entre la Guinée et la Turquie. Donc, il était tout à fait normal qu’on signe cette convention, conformément à des dispositions pertinentes du Code des marchés publics qui n’exclut pas systématiquement le recours au marché de gré à gré (…). Le gouvernement a décidé de signer cette convention en s’entourant de toutes les garanties par des institutions comme la BAD (Banque Africaine de Développement) afin que les intérêts de l’Etat soient préservés», a-t-il expliqué.

Pour le ministre Aboubacar Sylla, certaines personnes ne veulent pas que le Port entre dans une nouvelle phase d’évolution. «Qu’il s’ouvre à la modernité dans l’intention de préserver leurs petits privilèges. Ces personnes préfèrent leur bonheur individuel», a-t-il dénoncé.