Aboubacar Sylla : pourquoi je soutiens le projet d’une nouvelle Constitution

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« La constitution était juste une constitution de transition… Elle est devenue caduque après l’élection du Pr. Alpha Condé. »

Le ministre des Transports Aboubacar Sylla et par ailleurs porte-parole du gouvernement a officiellement apporté ce samedi 8 juin son soutien au projet d’une nouvelle Constitution. C’était à la faveur de l’assemblée générale traditionnelle du RPG Arc-en-ciel à Gbessia. Lisez l’extrait de son discours qui justifie ce choix :

« Je l’ai toujours dit même quand j’étais porte-parole de l’opposition républicaine. Le RPG a donné beaucoup pour l’avènement de la démocratie dans notre pays par rapport au combat politique qu’il a mené sans désemparer pendant des décennies pour qu’en République de Guinée puisse s’établir une certaine liberté et démocratie. Je suis heureux aujourd’hui d’être dans ce temple (siège du RPG, NDLR) de la démocratie. Le RPG Arc-en-ciel est un parti politique sans lequel la démocratie ne serait pas ancrée dans notre pays.

En 2010, nous nous sommes rendus tous à Ouaga (capitale Burkinabé, NDLR) sous la médiation du président Blaise Compaoré. L’objectif était double, il fallait faire d’abord en sorte que les militaires retournent dans les casernes et ensuite céder le pouvoir à un président civil. L’accord de Ouagadougou a été conclu le 10 janvier 2010. En réalité, ce n’était pas un accord politique global. C’était juste un consensus entre trois personnes. Le président intérimaire général Sékouba Konaté et le président Moussa Dadis Camara supervisé par le président Blaise Compaoré. L’accord prévoyait quelques dispositions dont l’élaboration d’une nouvelle constitution.

D’après l’accord de Ouaga, la Constitution devrait être élaborée par un organe législatif transitoire appelé CNT (Conseil National Transition) et qui devrait être présidé par un religieux. Mais il a été finalement présidé par une syndicaliste. Sa composition et son effectif n’ont pas été respectés. En tout état de cause, un consensus s’est créé pour que quoiqu’il arrive qu’on sorte de la transition militaire. Nous avons accepté tous les écarts possibles (…) pour que l’élection puisse être organisée dans un délai de 6 mois après la mise en place du CNT créé en février 2010 et qui a commencé ses travaux le 13 mars 2010.

(…). Le CNT a commencé à travailler le 7 mars et le 19 avril il a adopté à peine un mois la Constitution que certaines personnes défendent aujourd’hui. En un mois, on a produit un projet de constitution, on a organisé des débats, on a reformulé le texte et on a adopté à peine un mois sans que le moindre débat au niveau national ne soit organisé pour son adoption.

A l’époque, j’étais membre du gouvernement de la transition et même le porte-parole. Mais je n’ai vu la constitution qu’après sa promulgation par le président par intérim (…). Je ne jette pas l’anathème sur le CNT qui a été mis sous pression… Il lui a été demandé de sortir une constitution qu’on appelle constitution de transition pour nous permettre d’aller à l’élection présidentielle le 27 juin 2010 (…).

La constitution était juste une constitution de transition. Quand vous le lisez, le dernier titre qui est l’article 19, est consacré exclusivement aux dispositions transitoires qui sont aujourd’hui totalement osselets, qui sont devenus caduques après l’élection du Pr. Alpha Condé au pouvoir. »