Accident mortel à Dabompa : une voiture heurte par l’arrière un taxi moto et tue le passager 

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Photo d'archive

Nous n’avons pas fini de parler des dangers du transport par taxi moto qu’on nous annonce un accident qui concerne ce mode de déplacement. C’est une tragédie qui est survenue lundi, aux environs de 10 heures, dans la commune de Matoto, entre la mosquée située peu après le pont, côté Lansanayah et le carrefour Tassana à Dabompa. C’est là que le conducteur d’une voiture Mercédès a heurté par derrière une moto taxi sur laquelle roulaient le conducteur et un passager. Les deux ont été propulsés contre un pick-up qui venait juste de les dépasser. Le passager a heurté la roue arrière droite du 4×4, pendant que le conducteur a enregistré des blessures aux bras. Des dégâts matériels sont signalés sur la moto. Aux dernières nouvelles, nous apprenons que le passager a rendu l’âme des suites de ses blessures.

Interrogé sur les circonstances de cet accident dont il a réchappé de justesse, le conducteur, un certain Sow, plutôt jeune, n’en revient pas. Ce vécu extraordinaire le laisse encore sous le choc:

«Je suis taxi motard et c’est la première fois que je suis victime d’accident pendant mon travail. Je regrette d’abord la mort de mon passager. Ça pouvait être moi à sa place, comme ça pouvait être nous deux à la fois. C’est très dommage, de voir un jeune mourir de cette façon. C’est une triste expérience pour moi. J’ai appris à la clinique où nous avons été conduits, qu’il s’appelle Alpha Amadou Bah, né à Conakry, le 1er janvier 1987, plus connu sous le surnom d’el hadj. Il est marié et père de deux enfants. Il a fini ses études et se débrouille assez bien, en attendant un emploi. En somme, on dit que c’est un jeune bien connu et apprécié dans son quartier.

Je l’ai pris à Lansanayah-barrage. Il m’a dit de le déposer à la base, un peu avant Gbessia. On roulait tranquillement à droite de la chaussée. C’était lundi et en général, à l’heure de l’accident (aux environs de 10 heures), la circulation est très fluide dans la zone. Il y avait peu de véhicules. Sans me vanter, je vous dis que ma moto est en règle et je l’entretiens du mieux que je peux, puisque je vis de ce qu’elle me rapporte. J’ai tous les papiers et les accessoires sont au complet. Je dispose de rétroviseurs que je consulte assez souvent quand je roule. C’est ainsi que j’ai aperçu la Mercédès qui arrivait derrière nous. J’étais en bordure de chaussée et n’avais pas d’autre alternative que de garder ma position. C’est au dernier moment que je me suis dit que nous étions en danger, nous risquons gros, mon passager et moi. La voiture fonçait droit sur nous à vive allure, comme si son conducteur ne nous voyait pas ou ne tenait pas compte de notre présence. Et l’instant d’après, c’était le choc. Et c’était comme un trou noir. Je ne me souviens plus de rien. 

Je n’ai retrouvé mon esprit qu’au moment où on nous portait secours. Quand on m’a relevé, j’ai cherché mon passager du regard et je l’ai aperçu un peu plus loin, couché au sol, sur le flanc droit du pickup qui venait de nous dépasser. Le chauffeur avait freiné, aussitôt après le choc. Quant à la Mercédès, elle aussi s’était arrêtée juste derrière nous, manquant peu de nous écraser et de heurter le pickup. Moi, j’ai été blessé aux bras pendant que mon passager était inanimé. Il est mort quelque temps après, à la clinique située non loin du lieu de l’accident où on nous avait admis pour les premiers soins. 

Les médecins ont dit qu’il avait eu un choc à la tête. J’étais le seul de nous deux à porter un casque et je crois que moi-même, c’est ce qui m’a sauvé. Ma moto est gâtée. C’est tout ce que je peux vous dire. Comprenez-moi, je ne suis pas à l’aise pour parler de ce sujet. Je regrette vraiment la mort de mon passager.»

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