Accidents de la circulation : sujet de moindre intérêt, à la limite du banal ou de l’insignifiant ?

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Détrompez-vous ! Ce n’est pas aussi évident que cela. D’abord, l’opinion est unanime à admettre que les accidents de la circulation soient parmi les grandes priorités à gérer par tous les pays à travers le monde. Cette affirmation est largement corroborée par l’ensemble des déclarations, recommandations et résolutions, faites dans ce sens, par des institutions supra nationales aussi prestigieuses et représentatives que peuvent l’être l’ONU, l’OMS et l’UA.

Les conséquences des accidents sont ressenties partout, à des échelles variables. Morts violentes, blessures graves, infirmités, dégâts matériels, sont parmi les nombreux et lourds tributs que les Etats, surtout ceux à faible revenu, payent au quotidien, à ce fléau. Ces accidents impactent négativement le PIB et plombent de facto l’essor de développement socio-économique amorcé. Ils grèvent les budgets des Etats et favorisent l’appauvrissement des populations. Les capacités de prise en charge des victimes s’amenuisent  de plus en plus, face à la multiplication des accidents et à un faible taux de couverture en assurance.

Mais, paradoxe! Au-delà de toutes ces conséquences unanimement admises qui traduisent la gravité des accidents de la route, on note un laxisme ambiant ou une relative indifférence chez bon nombre de citoyens et même des dirigeants. Pour eux, tout ceci ne constitue que des faits divers à traiter comme tels. De leur point de vue, les accidents sont loin d’être une préoccupation majeure. Ils sont juste, comme indiqué plus-haut, un phénomène social très courant ou ordinaire, à la limite du banal. Cette approche n’est pas loin de la doctrine, largement partagée, selon laquelle les accidents seraient le fait du destin, du hasard, de la fatalité ou sinon, de la malchance. Aussitôt qu’ils arrivent, on trouve une explication quelconque et on renvoie tout, ou presque, à la police ou à la gendarmerie, selon les lieux de survenance. Comme si, à elles seules, ces deux institutions peuvent mettre fin aux accidents. Comme si, elles en sont à la fois, la cause et le remède.

Dans tous les cas, cette logique permet à certains, à bien des égards, de se libérer de certaines contraintes ou obligations. Ils s’en servent comme exutoire pour simplifier les choses à leur avantage, s’en laver les mains à la Ponce Pilate et rejeter les responsabilités sur autrui, niant par là même les leurs, souvent pleinement imbriquées dans l’écheveau.

Ces formes de raccourcis sont restrictives et doivent être formellement proscrites, pour peu qu’on veuille triompher des accidents routiers. Pour y faire face, il faut une approche participative qui associe tout le monde, à travers une somme d’engagements, de comportements et de responsabilités que l’Etat a charge de fédérer et d’impulser.

A tous égards, une politique nationale de sécurité routière bien définie et sans cesse renforcée, s’impose. Quelques exemples illustratifs qui traduisent l’engagement des autorités dans ce sens, existent. Nous n’en citerons que quelques uns: les résolutions issues des Etats généraux de la sécurité routière en novembre 2017, le plan d’action de la décennie mondiale pour la sécurité routière2011-2020, la création de l’AGUISER (agence guinéenne de la sécurité routière), la relance de la visite technique et de l’assurance automobile ainsi que quelques plans d’action initiés et mis en œuvre par les départements techniques en charge du secteur des transports, des routes et de la sécurité, etc.

Ce ne sont là que des prémices. Pour l’instant, aucun de ces volets ou activités listés, n’a encore été finalisé. Nous n’avons que des chemins qui ont été ouverts. Il faut les déblayer pour leur éviter le ‘’feu de paille’’ qui gangrène et anéantit bon nombre de projets et entreprises planifiés dans le pays.

Ainsi, espérons-nous les voir s’ouvrir et permettre que nous parvenions à une meilleure gestion de la circulation routière. Tous volets confondus. Et pour le bien de tous !