Accord sur la Zone de libre-échange africain : avantages et défis pour la Guinée

avril 13, 2018 9:52
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Les négociations commerciales qui ont abouti à la signature de l’accord portant création de la Zone de Libre-échange Continentale Africaine, (ZLECAF) ont été au centre d’un point de presse animé mercredi 11 avril à Conakry par le ministre du Commerce et son homologue des Affaires Etrangères.

Des interventions qui se sont articulées autour de l’historique et le champ d’application de la ZLECAF, les objectifs, avantages, défis, la cérémonie de signature de l’accord de la ZLECAf  et  les recommandations.

 Selon Marc Yombouno, la ZLECAf vise, entre autres : le  renforcement de la compétitivité à tous les niveaux et plus spécifiquement au niveau des industries et des entreprises en exploitant les possibilités d’économies d’échelle, en réduisant les coûts qu’elles supportent, en développant des infrastructures commerciales en vue de surmonter la dépendance à l’exportation de produits primaires et de promouvoir la transformation sociale et économique pour une croissance inclusive, l’industrialisation et le développement durable conformément  à l’Agenda 2063 .

S’agissant des avantages, la ZLECAf offrira des opportunités aux agriculteurs, au secteur privé, aux femmes et aux jeunes, à travers, entre autres, la création de chaînes de valeur interétatiques, l’expansion et la diversification de la production et du commerce, l’augmentation des possibilités d’emploi dans tous les domaines, la réduction des coûts des transactions et de production.

En ce qui concerne les défis à relever, l’ouverture du marché guinéen impliquera une concurrence plus forte pour les entreprises sur le marché régional de la CEDEAO mais également et surtout sur le marché africain. « Dans un tel contexte, l’implication du secteur privé est plus que nécessaire. La création d’une synergie entre la politique commerciale et la politique de l’investissement seraient nécessaires à l’amélioration du niveau de vie des populations guinéennes », a souligné le ministre du Commerce.

.A cet effet, a poursuivi-t-il, des réformes doivent être menées au niveau national pour inciter l’investissement privé national, les investissements directs étrangers (IDES) et susciter la coopération entre secteur privé national et étranger afin d’établir des joint-ventures et tirer profit de l’avancée technologique et des moyens financiers de certains partenaires.

La Guinée a signé l’accord sur la ZLECAf, le protocole d’accord sur la libre circulation des personnes et le passeport africain ainsi que la déclaration de Kigali. L’accord entrera en vigueur, trente (30) jours après le dépôt du vingt-deuxième instrument de ratification auprès du Président de la Commission de l’UA qui en est le dépositaire.

En vue d’assurer la mise en œuvre réussie et le suivi de la ZLECAf et tirer pleinement profit du marché unique africain, le gouvernement guinéen a instruit la mise en place, sous la tutelle du ministère du Commerce, d’une commission nationale chargée de se pencher sur toutes les questions relatives à la mise en œuvre et au suivi de l’Accord de la ZLECAf. Cette commission sera composée de toutes les structures et acteurs concernés.

« Des études sur les impacts de la ZLECAf sur l’économie guinéenne devront être menées afin que les recommandations qui en résulteront aident à entreprendre des réformes idoines pour, entre autres : compenser les modestes pertes de recettes douanières; mettre en place des infrastructures liées au commerce; minimiser les coûts de production pour les PME; améliorer les capacités de production et la compétitivité et attirer l’investissement direct étranger», a conclu Marc Yombouno.

Le point de presse a pris fin par la remise des certificats de satisfécit remis par l’Union Africaine aux experts guinéens ayant pris part aux négociations pour leurs contributions de qualité portant sur la création de la ZLECAF.