Action Sociale: la ministre Mariama Sylla s’insurge contre les conceptions réductrices de son département

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«En termes de limite, c’est la perception que le commun des Guinéens a du ministère de l’Action Sociale. On nous traite toujours du ministère en charge de la Mamaya… Cette mauvaise perception que le commun des Guinéens a, a été vraiment aussi une limite. Les gens ont pensé qu’on ne faisait rien, c’était simplement pour animer la galerie. »

Hadja Mariama Sylla, ministre de l’Action Sociale, de la Promotion Féminine et de l’Enfance, a animé une conférence de presse ce lundi 27 mai pour parler des acquis et objectifs de son département. En marge de cette rencontre avec la presse, Mariama Sylla a évoqué certains obstacles qui empêchent son département d’aller de l’avant, notamment lors de la deuxième République.

Sur le plan infrastructurel et formation, la ministre de l’Action Sociale cite, entre autres, la Cité de la Solidarité et les Centres de promotion féminine (CPF) : « en termes de limite de la 2ème République, nous avons parlé de la Cité de la solidarité qui est un pensionnat mais ce pensionnat a eu des conséquences qu’on arrivait plus à maitriser. Les CPF sont devenus des centres d’appui à l’autopromotion des femmes. Bien que ce soit un outil de promotion de la femme, ça avait aussi ses limites, parce que le répertoire des filières était limité. C’était la broderie, la couture, le tissage, la peinture. Là-dessus, on a eu une coopération avec la Corée qui venait apprendre aux femmes en broderie. Le nombre d’infrastructures  de ces centres d’appui à l’autopromotion féminine était très réduit. Il faut dire que lors de la première République les 33 préfectures avaient leur CPF. Mais au cours de la 2ème République, le nombre s’est amoindri parce que les infrastructures ont été abandonnées et celles qui n’ont pas été abandonnées ont été récupérées par d’autres structures. »

A l’époque, selon la ministre, les femmes avaient des difficultés à accéder aux microcrédits : « L’autre limite, c’est le faible accès aux microcrédits surtout pour les femmes, parce qu’il y avait des conditionnalités que les femmes qui étaient considérées comme des pauvres des pauvres, ne pouvaient pas remplir. Donc elles ne peuvent pas accéder aux crédits. C’est en 1998 qu’on a eu pour la première fois un fonds de microcrédit, un fonds d’appui aux activités économiques de la femme avec 100 millions GNF. Au moment de la fin de la 2ème République, ce fonds est devenu milliard. Alors ça veut dire que c’est tout simplement insignifiant par rapport aux besoins que les femmes ont sur le terrain. »

Le ministère de l’Action sociale, est considéré comme étant le département des femmes, mais aussi de la mamaya. Cette perception constitue, selon Hadja Mariama Sylla, un frein à l’élan de son département : « En termes de limite, c’est la perception que le commun des Guinéens a du ministère de l’Action Sociale. On nous traite toujours du ministère en charge de la Mamaya. On dit que c’est ce que nous faisons et que nous ne faisons que ça… Cette mauvaise perception que le commun des Guinéens a, a été vraiment aussi une limite. Les gens ont pensé qu’on ne faisait rien, c’était simplement pour animer la galerie. »