Activités de Rusal à Fria: les villages impactés menacent après avoir rejeté les offres de compensation de la compagnie

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Depuis plusieurs années, les villages environnants de l’usine Friguia dans le temps et Rusal aujourd’hui, sont victimes des explosions des dynamites dans les carrières détruisant les habitations par endroits. Et ce qui est plus inquiétant, ce sont les cas de pollution des cours d’eau par les résidus tels que la soude, l’acide et parfois des lubrifiants provenant des évacuations de la société.

Pour remédier à ces désagréments causés, la compagnie minière procède chaque année à une remise de fonds d’appuis aux collectivités impactées.

Ce vendredi 19 septembre 2019, l’esplanade de la préfecture de Fria a servi de cadre à la remise de cette compensation financière de Rusal aux 14 villages impactés. C’était en présence des autorités préfectorales, communales, des représentants de la société, des cadres du département du ministère de la Mine et de la Géologie.

Prenant la parole après les discours du maire de la commune urbaine, de madame le préfet de Fria et du directeur général de Rusal, le parole-parole des communautés, Alsény Sory Bangoura, a refoulé les enveloppes avant de faire certaines révélations.

“ Madame le préfet parle de quelque chose qu’elle ne sait pas… Cet argent n’est pas un don, c’est notre droit, il n’est ni pour le préfet ni pour le maire. Depuis 1998, nos villages subissent des désagréments dus à l’exploitation minière de l’usine. Dans le temps, nous avons frappé à toutes les portes et personne ne nous a écoutés. Pendant ce temps, les eaux de nos rivières étaient imbuvables, nos maisons se fissurent. Le pire est arrivé en 2003 lorsque la compagnie Rusal a déversé une importante quantité de terre rouge au niveau de certaines rivières, des ressources halieutiques, agricoles ont toutes été affectées. C’est alors que nous avons décidé de passer à la vitesse supérieure en barricadant les carrières. Pendant une semaine de négociations avec les autorités, nous avons refusé de céder. Il a fallu le déplacement du directeur national des mines d’alors pour qu’on libère les carrières. Ce dernier a pu nous proposer 15 millions par an pour nous dédommager. Depuis lors chaque année, Rusal nous versait l’argent jusqu’en 2011. De 2012 à 2018, nous n’avons rien reçu mais, je viens d’entendre ici que Rusal ne nous doit rien. Alors à qui Rusal a versé l’argent ? Parce nous n’avons rien reçu. Ce qui nous fait encore mal, c’est le fait de nous réunir ici devant tout le monde pour nous tendre des enveloppes de 7.000.000 fg pour chacun des 14 villages. Alors qu’avant, on nous payait dans la plus grande discrétion sans la présence d’un préfet. Si aujourd’hui on fait des beaux discours pour nous tromper, ça ne marchera pas. Nous n’allons pas prendre ces 7.000.000 fg et nous voulons la totalité de notre argent. Nous leur demandons de se concerter et nous revenir au cas échéant nous tirerons toutes les conséquences », a menacé le porte-parole des 14 villages impactés par les activités de Rusal.