Administration : Alpha Condé intime à ses ministres de lutter contre la sédentarisation des fonctionnaires

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Il n’est pas assez rare de constater dans l’Administration publique, des fonctionnaires qui restent figés à leurs postes des décennies durant, où ils passent l’essentiel de leurs carrières. Une réalité que veut inverser le  président de la République désormais.

Alpha Condé a exprimé ce penchant ce mercredi 23 janvier 2019, à la faveur du lancement du Numéro d’Identification Fiscale (NIF), à Conakry.

« Monsieur le ministre des Finances, Monsieur le ministre du Budget, Monsieur le Premier ministre, nous avons la sédentarisation des fonctionnaires. Comment voulez-vous quelqu’un qui a servi sous la deuxième République, sous le CNDD (conseil national pour la démocratie et le développement) gère autrement ? Il ne peut pas gérer autrement. Il est habitué à voler, à trafiquer. Comment voulez-vous qu’il change ? Donc, la sédentarisation est un grand problème que nous avons. Il faut donc mettre fin à cela désormais. Un fonctionnaire ne doit pas rester en place plus de 5 ans », a instruit le chef de l’Etat.

A cela, Alpha Condé parait accorder toute l’importance, même s’il soupçonne ses ministres d’avoir la peur dans le ventre quant à la prise de décision de muter ou de limoger  les fonctionnaires se trouvant dans cette situation.

« Vous avez peur d’enlever les fonctionnaires. Parce qu’il va alerter sa préfecture pour dire : Ah ! Vous avez limogé mon fils ? Mais quand on a envie de bien gérer, on doit avoir le courage de faire face à la population. Si quelqu’un de Dubréka gère mal, on doit l’enlever et dire à la population de Dubréka qu’il a mal géré, il doit partir. Si quelqu’un de Kankan gère mal, on doit l’enlever, quelqu’un de Labé, etc. Il n’a qu’à aller mobiliser la population, on lui dira la vérité. On est là pour gérer les biens de l’Etat pour protéger la population. Parce que si aujourd’hui, nous faisons le recensement des belles villas de Nongo et autres, etc., on sera très surpris. Ceux qui crient le plus à la corruption, on verra qu’ils ont 4, 5 ou 6 maisons ou immeubles, etc. Et ce sont eux qui crient à la corruption », a dénoncé celui qui doit plutôt s’attaquer à la racine du mal que de l’étaler éperdument sur la place publique sans y remédier.