Adoption du code civil : réaction de la députée Aissata Daffé de l’UFR

décembre 30, 2018 8:01

Comme les députés du groupe parlementaire libéral démocrate, la présidente des femmes de l’Union des Forces Républicaines (UFR) et membre du Réseau des femmes parlementaires, explicite dans cet entretien accordé à Guineenews, les raisons de son abstention pendant le vote du code civil révisé.

« C’est vraiment dommage, on regrette! », s’est exclamé Aissata Daffé. Elle a rappelé que les femmes se sont battues pendant plusieurs années pour que le code civil révisé soit voté cette fois-ci. « Depuis longtemps, on a fait des observations qu’on a remontées au niveau de la commission des lois. C’est vrai beaucoup d’observations ont été prises en compte, mais sur le point de la polygamie, quand vous faites une comparaison entre l’ancien code et le code qui doit rentrer en vigueur à partir du moment où s’est voté, il doit être promulgué ensuite. Il n’y a pratiquement pas grande chose comme différence. On dit que dans le code voté, il faut que le couple indique devant l’officier de l’état civil s’il doit adopter l’option monogamique ou l’option polygamique. Et ensuite, si c’est la monogamie, il peut y avoir des exceptions. Ces exceptions, c’est dans le cadre d’une visite médicale. C’est-à-dire le médecin dit si la femme ne peut pas procréer, ce qui doit être vérifié parce que souvent on accuse la femme alors qu’il y a des hommes aussi qui sont responsables de ça, on donne l’autorisation à l’homme de se remarier. Ce sont des choses qui existaient dans l’ancien code », a-t-elle expliqué.

La présidente des femmes de l’UFR dit ne pas voir la nécessité des options selon les obédiences religieuses. « Ça devient un recul. Parce que quand on pense aux déclarations de Maputo par rapport au droit de la femme, on encourage aujourd’hui la monogamie. Comme disait quelqu’un dans la salle, on parle aujourd’hui de la femme comme si on était au temps de nos grands-parents ou nos arrières grands-parents.  Je crois qu’on doit dépasser ce stade », a-t-elle indiqué.

Et de conclure : « ce code n’est pas pour nous, mais pour la génération future. Est-ce que ces gens-là vont continuer d’accepter la polygamie ? Je dis non. Je devais voter contre, mais voici les raisons qui m’ont amenée à m’abstenir, malgré que mon groupe parlementaire ait voté pour. Parce qu’il y a des points là-dans qui sont une nette avancée dans le droit des femmes ».