Adresse à la nation d’Alpha Condé: le décryptage du député Sinkoun Camara

octobre 6, 2018 5:42
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L’assemblée hebdomadaire du RPG Arc-en-ciel s’est déroulée ce samedi 6 octobre sous la présidence de Sinkoun Camara, a-t-on constaté au siège national du parti à Gbessia.

Dans son intervention, le député uninominal de Kissidougou a tenté de décrypter l’adresse à la nation du président de la République Alpha Condé, tenue à la veille du 2 octobre.  Lisez plutôt!

«A l’occasion du 60ème anniversaire de notre indépendance, le président de la République Alpha Condé a déclaré qu’il assume tout le passif du peuple de Guinée et il a demandé pardon. C’est une phrase importante, courte mais historique et lourde de signification. Je rappelle que le 22 novembre 1970, la Guinée a été agressée par une bande de mercenaires de plusieurs pays occidentaux pour prendre le pouvoir en République de Guinée. Ce jour, plusieurs Guinéens qui étaient tranquillement en train de se reposer à la maison, ont été assassinés par ces mercenaires. C’est la première grande douleur après notre indépendance. Après cet évènement, le gouvernement d’alors a constaté que des Guinéens avaient trahi la nation. Ceux-là ont été arrêtés et conduits au Camp Boiro. Malheureusement ou heureusement, plusieurs d’entre eux ont perdu la vie. A l’issue de ce triste évènement du Camp Boiro, il a eu effectivement des traitres qui ont été emprisonnés. D’autres aussi ont été injustement emprisonnés. Nous avons subi beaucoup d’injustice en ce moment.

En 1984 à Kindia, il y a eu aussi des moments de tristesse où nous avons perdu des dignitaires de l’ancien régime d’Ahmed Sékou Touré. Lors de la lutte pour la démocratie, il y a eu assez de morts lors des manifestations. Le 22 janvier 2007 est l’une des dates illustratives ainsi que celle du 28 septembre 2009 où il y a eu aussi beaucoup d’assassinats et de viols. Tout récemment, lors des manifestations politiques des opposants, il y a eu des morts. S’il faut procéder aujourd’hui à des jugements, d’une manière ou d’une autre, toutes les familles guinéennes seront impliquées ou touchées par les effets de cette justice. L’Etat n’a pas suffisamment de moyens financiers et techniques pour pouvoir établir la responsabilité des uns et des autres.

Aujourd’hui, le chef de l’Etat dans sa grandeur, dans sa sagesse et dans sa grande vision, a demandé tout simplement aux Guinéens de se pardonner et de se regarder en face. Il a  pris en charge tout le passif et il a demandé pardon au peuple de Guinée. Cela parait anodin mais, c’est extrêmement important. Car à partir de ce moment, nous devons réfléchir et se projeter vers l’avenir pour dire désormais plus jamais ça et ce, pour le bien de la Guinée. Nous avons eu la chance d’avoir l’indépendance dans les urnes sans effusion du sang, c’est très rare. En Algérie, il y a eu des morts ; en Angola il y a eu près de 25 ans de guerre civile ; en Guinée-Bissau ;  au Mozambique, au Sâo Tomé ; au Congo, il y a eu beaucoup de morts (…). Nous devons abandonner la haine, nous devons nous pardonner. Nous n’avons qu’un seul et unique ennemi, c’est la pauvreté…»