Affaire 3e mandat: Les louvoiements de Dadis Camara

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Avec le temps, fini les gesticulations guerrières du capitaine Moussa Dadis Camara, qui a appris sans doute à louvoyer avec la société. C’est du moins ce que l’on tire comme enseignement de la position de l’ancien caudillo, qui bien qu’ayant été poussé dans ses derniers retranchements par nos confrères des Grandes Gueules de radio espace, ce lundi, sur l’affaire de troisième mandat, a botté en touche.

Cette prudence de la part de quelqu’un qui a senti le vent du boulet, n’a rien d’étonnant. Car comme le dit l’adage « celui qui a échappé à un naufrage tremble devant des flots tranquilles.»

Faut-il le rappeler, Dadis Camara, après avoir goûté les délices du pouvoir, l’a échappé belle, suite à la tentative d’assassinat dont il fut la cible le 03 décembre 2009 de la part de son aide de camp de l’époque Aboubacar « Toumba » Diakité.

Et c’est finalement cet épisode qui conduira à son départ du pouvoir, ouvrant ainsi pour lui la voie à un exil forcé.

Depuis, l’ancien chef de la junte vit à l’étroit à Ouagadougou. Toutes les tentatives en faveur de son retour au bercail se sont soldées par un échec.

Allez-y donc comprendre que Moussa Dadis Camara ne veuille pas prendre ouvertement position sur la crise qui sévit dans son pays. Crise qui a endeuillé de nombreuses familles dans la région forestière, dont il est originaire, lors des élections du 22 mars.

Même s’il sait pertinemment de quel côté penche la balance de la vérité.

Cette prudence de Sioux de Dadis, a sans doute pour but de ne pas se mettre à dos le chef de l’État actuel.

C’est comme si le capitaine avait un fil à la patte. Quand on sait qu’à tout moment, le pouvoir de Conakry peut agiter l’épouvantail de la justice contre lui, dans le cadre du massacre du 28 septembre, dont le procès a été certes renvoyé aux calendes grecques. C’est pour dire que le président Condé le tient.

D’ailleurs, à chaque consultation électorale, le retour de Dadis au pays, était utilisé comme moyen de chantage politique, pour s’arracher les voix des électeurs de la région forestière.

Sauf que pour le double-scrutin du 22 mars dernier, désabusés qu’ils sont, la plupart des aficionados du capitaine n’ont pas mordu à l’appât.

Ce qui explique le fait que le gotha de ministres et autres cadres en besoin de postes, fortement  déployés dans la région, en prélude à ces élections aient fait  chou blanc.

Pour revenir à cette tirade de Dadis sur radio espace, il faut ajouter qu’il ne s’est pas non plus prononcé sur la « tentative d’arrestation » dont l’actuel Premier ministre Dr Kassory Fofana a failli faire l’objet de sa part, sous la junte.

Information révélée par l’ancien 3ème vice-président du Cndd, le général Sékouba Konaté, dans le cadre des témoignages sur le décès de Mme Henriette Conté. Ex-première Dame, sous la deuxième république qui a tiré sa révérence la semaine dernière.

Comme on le voit, l’ancien chef de la junte dont l’opinion se souvient encore du comportement erratique, est devenu aujourd’hui un chrétien bigot, qui ne jure que par Dieu.

 Ainsi va la vie de cet ancien président.