Affaire 3ème mandat : après avoir jeté un pavé dans la mare politique, le préfet de Kankan persiste et signe

janvier 31, 2019 5:45

A la faveur d’une récente sortie médiatique assez controversée et dans laquelle il a plaidé pour un troisième mandat pour le président Alpha Condé dont la fin du deuxième et dernier mandat constitutionnel  arrive à terme en décembre 2020, le préfet de Kankan vient une nouvelle fois réitérer ses propos à Guinéenews©. C’était à l’occasion d’un entretien qu’il nous a accordé ce jeudi 31 janvier.

Selon Aziz Diop, cette volonté d’accorder un nouveau mandat de 5 ans au président Condé s’explique par l’ouverture et la mise en œuvre en cours de nombreux grands chantiers de développement qu’il devrait nécessairement achever.

« C’est à la suite d’une analyse que j’ai tenu mes propos et je les assume entièrement. Pour moi, il ne faudrait pas que nous soyons prisonniers de nos textes pour ne pas donner à Alpha Condé l’opportunité d’achever ces grands chantiers. Sékou Touré a fait 26 ans, Lansana Conté, 24 ans et pourquoi ne pas accorder 5 ans supplémentaires jusqu’en 2025 au président Alpha Condé ? », s’est interrogé l’ancien activiste du Conseil National des Organisations de la Société Civile guinéenne et actuellement préfet de Kankan.

Et au-delà, précise Aziz Diop, ce nouveau mandat permettrait un renouvellement de la classe politique guinéenne. Car, selon lui, celle actuelle ne pourra jamais faire l’affaire du peuple de Guinée.

Répondant à ceux qui s’étonnent de cette prise de sa part, le préfet de Kankan, transfuge de la société civile guinéenne, tranche : « Les gens font l’amalgame! J’étais de la société civile. Aujourd’hui, je suis administrateur civil. Mais la question nationale que j’aborde, je l’aborde en tant que citoyen guinéen. J’ai les mêmes droits et les mêmes devoirs face aux problématiques de développement de ce pays. J’ai donné mon avis et je l’assume. »

Déjà, le préfet de Kankan parle d’une ère nouvelle à partir de 2020 avec une nouvelle constitution qui serait proposée par les constitutionnalistes. Et en attendant, Aziz Diop met au défi ceux qui parlent au nom du peuple de Guinée. « On va donner l’opportunité au président de réviser la constitution. Et maintenant ceux qui parlent au nom du peuple, on verra qui est peuple et qui ne l’est », estime-t-il.