Affaire 3ème mandat : Le pouvoir joue au chat et à la souris

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Le président de la République promet de  recevoir les chefs religieux, initiateurs du dialogue inter guinéen en gestation, à son retour au bercail, après un périple qui l’a conduit en Éthiopie  et en Arabie Saoudite, en vue de trouver une issue à la crise. Les regards sont à présents  rivés vers cette médiation de la dernière chance, dans l’espoir que le chef de l’État arrête de jouer au chat et à la souris avec nos imams et prélats.

Dans l’épreuve de force entre l’exécutif et le Front national pour la défense de la constitution,  les guides religieux se placent dorénavant en médiateurs de la dernière chance. Il ne reste plus qu’à implorer Saint-Expédit, afin qu’il nous sorte de l’ornière.

En attendant, nos religieux sont dans une course contre la montre, vu que les élections couplées approchent à grandes enjambées.

Elhadj Mamadou Saliou Camara et Mgr Vincent Koulibaly, respectivement grand imam de la mosquée Fayçal et archevêque de Conakry ont sans doute compris, que se croiser les bras face à ce péril qui nous guette et ne rien entreprendre, n’est pas digne d’un guide religieux. Avec le décompte macabre qui continue au gré des manifestations du Fndc.

Près de dix ans après l’avènement à la tête du pays  du premier président démocratiquement élu, la Guinée n’a pas été capable d’éliminer les scories de son passé. Et voilà le pays de nouveau à la croisée des chemins. Par la faute de cette vision « étriquée » du gouvernement qui fait croire que l’adoption d’une nouvelle constitution transformera la Guinée en un jardin d’Eden.

Dans leurs récriminations, les opposants au troisième mandat considèrent ces arguments du pouvoir comme de simples  tours de passe-passe qui semblent servir juste les ambitions électorales des prébendiers du système.

A mesure qu’on approche du jour J, on assiste à un durcissement de ton entre  les deux camps. Les faucons qui ont le vent en poupe au sein de la majorité présidentielle ne ratent aucune occasion pour déblatérer contre l’opposition, une fois devant le pupitre dressé lors des assemblées générales du RPG arc-en-ciel, les samedis.

Comme pour rendre coup pour coup, le Fndc aussi à travers ses experts rompus aux punchlines, assène ses répliques. Surtout que la résolution adoptée récemment par le parlement de l’Union Européenne a apporté de l’eau au moulin du Fndc. Une résolution qui, il faut le rappeler met le gouvernement guinéen en garde contre toute réforme constitutionnelle dans le seul but de maintenir le président Condé au pouvoir.  Alors que son second et dernier mandat arrive à terme à la fin de cette année.

Dans cette guerre des tranchées, le face  à face oppose  d’un côté Amadou Damaro Camara, Alpha Ibrahima Kéira, Bantama Sow, Bangaly Camara à Sékou Koundouno, Aliou Barry, Saikou Yaya Barry, Dr Fodé Oussou.

Pour sortir de cette impasse sociopolitique, les religieux ont réussi à forcer les portes du palais présidentiel, malgré l’hostilité grandissante de certains caciques à leur égard. De leur rencontre avec le chef de l’État, à la veille de son départ le sommet de l’UA à Addis-Abeba, les lignes n’ont pas bougé. Alpha Condé les aurait renvoyés à mieux se pourvoir dans leurs propositions de sortie de crise.

Une nouvelle rencontre, celle de la dernière chance est donc prévue à son retour au bercail. Cette fois les chefs religieux pourraient étoffer leur plan de sortie de crise, afin de permettre aux deux camps de tirer leurs marrons du feu. C’est du moins ce que nous apprenons de bonne source.

Il y a donc de quoi être encore optimiste. Comme pour dire qu’il n’y a pas de quoi jeter le manche après la cognée.