Affaire Air Guinée et crash de l’UTA : Cellou fait des révélations

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Accusé depuis 2010 d’avoir vendu Air Guinée à l’homme d’affaires Mamadou Sylla, Cellou Dalein Diallo continue de clamer son innocence. Malheureusement, à chaque fois, le sujet revient malgré ses explications, y compris même celles de Mamadou Sylla qui affirme avoir acheté un avion pourri.

Samedi 28 décembre, lors de l’assemblée générale de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), Cellou Dalein a de nouveau clamé son innocence dans la vente du seul avion de la compagnie Air Guinée. Il accuse le président Alpha Condé de l’avoir accusé d’être impliqué dans la cession de l’engin à l’homme d’affaires, puisque c’était lui le ministre des Transports au moment des faits.

« Il (Alpha Condé, ndlr) a dit que c’est moi qui ai vendu Air Guinée. Je vais vous dire ce qui s’est passé. Je me suis opposé à la vente de l’avion. El hadj Mamadou Sylla est là. Ç’a été une source de conflit entre nous. Aujourd’hui, c’est un ami. J’ai dit au président Conté qu’il ne faut pas vendre Air Guinée. Il y avait trois avions : le Boeing 707, le Boeing 737 et le Boeing 727. Il a dit qu’il a vendu les deux autres à l’étranger, donc qu’il va vendre celui qui reste à un Guinéen. Je lui ai dit que ce n’est pas moi qui m’occupe de privatisation, mais le ministère des Finances qui avait une cellule de privatisation en son sein. Je n’ai pas participé ni aux négociations, ni à la signature, qu’est-ce qui a été payé, quel est le prix ? C’est la cellule de privatisation qui a fait. Il dit que c’est moi qui ai pris l’avion présidentiel, parce que le Boeing 737 est l’avion du président de la République et Mamadou Sylla est un ami du président de la République », a-t-il justifié.

Le 25 décembre 2003, le Boeing 727-200 de la compagnie privée libano-guinéenne, Union des transports aériens  (UTA) s’est écrasé à Cotonou au Bénin, faisant plus de 130 morts dont de nombreux enfants. Cellou Dalein Diallo a été accusé d’avoir autorisé le vol de cet avion qui ne serait pas en règle. Mais, selon le président de l’UFDG, avant son départ de Conakry, l’avion avait été soumis à toutes les révisions, affirmant que le crash est lié à une surcharge et du mauvais placement des passagers.

« Lorsqu’il y a un accident d’avion, il y a généralement trois pays qui sont impliqués dans les enquêtes. Il y a le pays d’immatriculation (Guinée, pour ce cas-ci), le pays où l’accident s’est produit, c’est lui qui dirige les enquêtes, (Bénin) et le pays de fabrication. Les trois pays se sont consultés. Et comme c’est le Bénin qui avait la responsabilité de faire les enquêtes, il a confié les enquêtes à la direction générale de l’avion civile de France. Selon ces enquêtes, l’avion était en règle, il avait été soumis à toutes les révisions requises. Ce n’était pas la faute de l’avion. Le rapport de l’enquête se trouve à la direction générale de l’avion civile. On a dit que moi j’ai donné l’autorisation à un avion de voler alors que…, Ce n’est pas vrai. Selon toutes les enquêtes, il y a eu une surcharge au niveau de Cotonou et un mauvais placement des gens. Il (Alpha Condé, ndlr) veut dire que c’est moi », a-t-il expliqué, avant de conclure : « Mais vous savez, je suis aujourd’hui son (Alpha Condé, ndlr) cauchemar. Quand il se couche, il faut qu’il voie Cellou, et le matin il se réveille avec une décision. »

C’est le Bureau d’enquête et d’analyses (BEA) pour la sécurité de l’aviation civile française, qui avait été sollicité par le Bénin pour mener les enquêtes. Selon le rapport préliminaire de l’aéroport de Cotonou, établi deux jours après le crash, le vol GIH 141 Conakry-Cotonou-Beyrouth-Dubaï transportait trop de passagers et trop de bagages. Le même rapport avait indiqué que l’avion était surchargé à l’avant, et que onze passagers voyageaient debout, car il n’y avait plus de sièges.