Affaire de bébés morts à Koubia : des experts attendus sur place pour des enquêtes

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La vaccination en question s’est tenue dans la journée du mardi 23 juin 2020 dans le district Dara-Gnanou précisément au niveau des village de Yeguelin, Wossouré et Kansaghali, tous relevant de la commune rurale de Matakaou dans la préfecture de Koubia, qui se trouve dans la région administrative de Labé. Des bébés d’un an et moins ont reçu un vaccin qui aurait causé plus de problèmes que de solution dans l’organisme de trois d’entre eux qui ont succombé, à en croire les parents des victimes, qui n’hésitent pas à mettre en cause cette opération, a appris Guinéenews de sources concordantes.

Il s’agit de Fatoumata Binta Diallo, de Maimounatou Diallo et de Souleymane Bah tous âgés de seulement quelques mois qui ont passé de vie à trépas quelques heures après avoir reçu le vaccin en question comme l’explique ici Alpha Oumar Diallo, le père de Maimounatou Diallo : « ma fille a été vaccinée à 19 heures du soir. A 23 heures, elle est tombée malade et est décédée le lendemain à 08 heures du matin. Quelques temps après, on m’a informé que deux autres enfants vaccinés dans les mêmes circonstances ont trouvé  la mort. Et ce, quelques heures seulement après », déclare-t-elle.

Sur la même lancée, Aissatou Diallo, la mère de Fatoumata Binta Diallo explique dans quelles circonstances elle aussi a perdu sa fille qui était pourtant bien portante : « elle a reçu le vaccin le mardi à 17 heures alors qu’elle n’était pas souffrante. Elle est décédée le lendemain à 14 heures à l’heure de la prière alors qu’elle avait juste un an », soutient sa maman.

Les trois bébés sont tous décédés dans la journée du mercredi en l’espace de 07 heures de temps à en croire  Mamadou Maladho Baldé, le maire commune rurale de Matakaou : « dès qu’on a eu la nouvelle, les responsables sanitaires de la commune et moi, on s’est rendu sur les lieux. Ils nous ont dit qu’ils ont fait de la fièvre, de la diarrhée et des vomissements. Que cela s’est déclaré après qu’ils aient reçu le vaccin. C’est en tout trois bébés qui sont décédés dans la journée du mercredi. Le premier est décédé vers 08 heures du matin ; le deuxième vers 10 heures de la même matinée et le troisième à 14 heures. C’est le même agent de santé qui a vacciné les trois enfants », précise le maire.

Face à toutes ces interrogations, le directeur régional de la santé (DRS) de Labé annonce l’arrivée à Koubia ce jeudi 25 juin 2020 d’une équipe mixte d’experts : « j’ai reçu une lettre du DPS (directeur préfectoral de la santé) m’annonçant le décès de trois bébés qui ont été tous vaccinés mardi. Ayant reçu cette lettre, nous leur avons demandé de commencer immédiatement les investigations vu que ça commence à faire grand bruit. Donc, ils ont commencé le travail et ont  déjà produit un premier rapport. Mais on s’est dit qu’il faut aller encore en profondeur ; donc ce jeudi matin j’ai pris un ordre de mission auprès du gouverneur. Ainsi, c’est une équipe de l’OMS, de l’UNICEF et la DRS comme témoins. C’est ceux-ci qui doivent aller commencer le travail aujourd’hui soir à Koubia », rassure docteur Mamadou Oudy Bah le DRS de Labé.

En plus de cette équipe mixte, une autre équipe en provenance de Conakry est attendue incessamment à Labé dans le même cadre ajoute le DRS : « Il faut d’abord voir à partir de la DPS de Koubia jusqu’au village où les enfants ont trouvé la mort dans le but de déterminer les causes exactes de la morts des enfants. En plus, une autre équipe en provenance de Conakry est également attendue afin d’appuyer le travail. Mais il faut signaler qu’un vaccin n’a jamais tué un enfant. Le vaccin est une injection qui apporte un plus à l’enfant. Mais pour l’instant on ne peut pas exactement déterminer les causes des décès. Il faut une expertise et une contre-expertise », précise-t-il.

A la question de savoir, quelle genre de campagne de vaccination est en cours à Koubia, docteur Oudy Bah répond on ne peut plus clairement que : « c’est la vaccination qui est tout le temps administrée aux bébés, que ça soit ici à Labé, à Conakry, à Boké, à N’Zérékoré, … le vaccin qui est au niveau des centres de santé qui est régulièrement administré aux bébés, c’est de celui-ci qu’il s’agit», soutient le DRS.

Dans l’attente des résultats des enquêtes en cours, la psychose continue de gagner les cœurs des populations. Et la crise de confiance risque de s’agrandir entre populations et le personnel soignant.