Affaire OGP: l’avocat de Paul Moussa parle d’un procès politico-judiciaire

0
1320

 «Nous avons demandé une contre-expertise,  parce qu’on nous parle de montants dont nous ne connaissons pas l’existence… Bantama Sow, en tant que président du Conseil d’administration de l’OGP, devrait comparaître comme témoin

A la suite des avocats de l’Etat et  du ministère public qui a requis cinq ans d’emprisonnement contre Paul Moussa Diawara et Inza Bayo, l’avocat de ces derniers a plaidé  »non coupable ». Me Salifou Béavogui s’est surtout appuyé sur les arguments selon lesquels ses demandes de contre-expertise, de comparution des témoins… « n’ont jamais été acceptés dans ce dossier. »

«Tout au long de ce procès, nous avons demandé une contre-expertise,  parce qu’on nous parle de montants dont nous ne connaissons pas l’existence… Bantama Sow, en tant que président du Conseil d’administration de l’OGP, devrait comparaître comme témoin»,  a dit l’avocat qui a condamné un dossier «mal introduit et mal géré », basé sur un règlement de compte. Pour lui, il s’agit dossier politico-judiciaire monté dans le cadre d’un acharnement contre son client.

Dans ce dossier,  Me Salifou Béavogui estime que ses clients n’ont pas bénéficié de la défense qu’il fallait. Puisque, selon lui, tous les moyens de défense présentés par leur avocat qu’il est ont été écartés.

Dans sa plaidoirie, Me Salifou Béavogui a aussi tenté de mettre de la pression sur le juge Ibrahima Kabélé Bangoura qu’ils ont récusé sans succès. «Quand un juge est récusé et que le dossier lui revient, c’est une lourde responsabilité. Il doit être juste», a adressé l’avocat au président du tribunal alors qu’il répondait à certains propos du procureur. Pour Me Béavogui, le procureur n’a pas cherché à comprendre ce dossier qu’il a pris en cours, lui qui vient d’arriver du tribunal de N’Zérékoré.

La réalité, selon l’avocat de la défense, c’est que Paul Moussa Diawara a trouvé l’OGP dans un bâtiment délabré, avec pas plus de 10 employés,  pas plus de 50 millions de francs guinéens dans son  compte bancaire et sans démembrements à l’intérieur du pays. « Il fallait alors redynamiser. Et c’est ce à quoi monsieur Paul Moussa s’est attelé à son arrivée à l’OGP », a dit l’avocat qui a poursuivi en indiquant que son client a ainsi déclaré des procès contre les sociétés de téléphonie Orange, Areeba, Cellcom et Intercel « qui ne payaient pas les redevances à l’OGP». Dans ces contentieux, a-t-il aussi dit, il fallait payer les honoraires des avocats et les frais d’huissier. Selon Me Béavogui, ces montants versés aux avocats et huissiers n’ont jamais été pris en compte dans les rapports de l’inspection de l’Etat.

Pour conclure, l’avocat de Paul Moussa et Inza Bayo a demandé la relaxe pure et simple de ses clients. « C’est un dossier vide. Monsieur le président, je vous prie de relaxer purement et simplement mes clients », a plaidé l’avocat. Pour leur propre défense, les deux prévenus demanderont aussi la relaxe.  Le 1er avril prochain, ils seront situés sur leur sort.