Affaire pseudo-guérisseur de Fibrome: les victimes racontent l’enfer qu’elles ont vécu 

mars 19, 2019 8:32

Les femmes victimes du faux guérisseur Alsény Sako mis hors d’état de nuire par les services spéciaux du Colonel Moussa Tiégboro Camara, ont accepté, les visages masqués, de témoigner sur l’enfer qu’elles ont vécu. C’était à la faveur de la présentation de leur bourreau aux médias ce mardi 19 mars. Lisez!

-Mme X, de la trentaine explique en français son odyssée: «Alsény Sakho s’est fait passer pour un guérisseur. Il a dit qu’il traite les fibromes, les kystes et les aveugles. C’est loin de tout cela, il n’est qu’un violeur en série. Une fois chez lui, il te dit de te déshabiller. Il te fait coucher sous un drap, il te fait pénétrer le vagin des testicules de bouc. Bien avant, M. Sakho te dit qu’il a besoin que tu mouilles avant qu’il ne te sorte la maladie dans ton corps. Donc, lui-même, te pénètre avant de t’introduire les testicules bouc. Il prend son téléphone et il te montre l’image en disant que c’est ce qui est sorti. Il a fait à toutes ses patientes. Nous remercions les services spéciaux du Colonel Tiégboro Camara pour avoir mis main sur lui.»

-Mme Y, de la cinquantaine, s’exprimant en soussou, revient sur  sa triste mésaventure : «c’est quelqu’un qui m’a parlé de ce monsieur en me disant qu’il guérit plusieurs maladies dont les aveugles. Aussitôt, j’ai conduit mon époux chez lui. Quand il a posé sa main sur le front de mon mari, il a déclaré que la pathologie a pris le dessus,  y compris chez moi-même. J’étais paniquée sur le champ, il m’a dit qu’il y a des sacrifices à faire (…). Quand j’ai dit que c’est moi qui vais préparer le repas de sacrifice, il m’a dissuadé de le laisser faire au risque de me tromper. Et si tel est le cas, mon mari ne pourra plus recouvrer l’usage de ses yeux. Un principe que nous avons accepté tout en lui donnant la somme de 300 mille francs guinéens. Après, il nous a soutirées encore plus de 600 milles francs. Quand j’ai dit que les choses ne font que se compliquer, il a répondu qu’il faut que moi aussi je me lave avec ses médicaments. J’ai dit que c’est mon époux qui est malade, tu n’as pu rien faire pour lui et tu cherches à m’impliquer à tout prix (…). Par la suite, il m’a donné un médicament que j’ai utilisé qui m’a donné des démangeaisons. Il m’a dit de me laver devant lui, j’ai dit que même devant le jeune frère de mon mari, je ne pourrais le faire…»

Il faut rappeler qu’au moment où l’interview de M. Alsény Sako se déroulait, son frère a fait son entrée dans la cour. Aussitôt qu’elles l’ont aperçu, les femmes victimes ont éclaté en sanglots. Car, ont-elles expliqué, cet homme est un des complices de leur bourreau. Sur le champ, l’homme a été interpellé. Au moment où nous quittions les lieux, son audition avait déjà commencé.

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