Affaire quadrijumeaux morts à Conakry: parents et médecins se rejettent la responsabilité

mai 10, 2018 2:21
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Comme nous l’annoncions dans une de nos précédentes dépêches, la mort des quatre prématurés à l’Institut de Nutrition et de la Santé de l’Enfant (INSE) de Donka, continue de défrayer la chronique dans la cité. Le couple Guissé menace de porter plainte contre le médecin qui a suivi la  grossesse et ainsi que contre ceux de l’INSE de Donka, qu’il accuse de négligence.

D’après des témoignages, le samedi dernier, aux environs de  minuit, le couple s’est  rendu à la clinique Médicis pour  une consultation suite  aux douleurs que ressentait la future maman. C’est là d’ailleurs que le couple s’est rendu compte qu’il s’agissait des quadruplés et  non des triplés. Cette nuit fut une des plus  longues, déclare Seydou Nour Guissé qui accuse le médecin ayant suivi la grossesse de sa femme, de  «négligence».

«Lorsque que nous avons décidé de consulter un médecin pour suivre la grossesse de ma femme, nous sommes allés voir Professeur Telly Sy. Pour la première fois qu’il nous a reçus et fait la consultation, il nous a dit que c’est des triplés. La nouvelle m’a beaucoup préoccupé. Lorsque je l’ai interrogé si ma femme pouvait supporter la grossesse vu sa corpulence et que si elle pouvait suivre la grossesse chez lui sans problème, le médecin  m’a rassuré. D’ailleurs, c’est la troisième femme qui attendait des triplés chez lui jusqu’au 5ème mois et ne m’a jamais dit qu’il pouvait y avoir des complications surtout avec l’éventualité de la survenue d’un cas de prématuré », a relaté Seydou Nour Guissé qui continue de croire que c’est à cause de la négligence du médecin que l’accouchement de sa femme s’est finalement compliqué.

«Elle a commencé à perdre les eaux puis la naissance a commencé. Aussitôt, je suis parti demander à Pr Sy et à un autre médecin qui s’occupait d’elle.  C’est dans leur main que ma femme a accouché les quatre prématurés. Professeur Sy ne s’est pas approché encore moins s’inquiété. Le placenta était bloqué dans l’utérus. Il a fallu que l’un d’entre eux appelle Pr Sy. Histoire de prendre auprès de celui-ci les directives et conseils à suivre. Alors qu’il était censé se déplacer, sa maison étant contigüe à la clinique», a-t-il confié.

Après l’accouchement, les deux médecins ont annoncé la mort d’un des  nouveau-nés. Optimiste, M Guissé décide de conduire tous ses bébés  à l’INSE de Donka pour un suivi médical. Mais sur place, la situation se complique davantage. L’absence de couveuse électronique et le manque  d’oxygène n’ont pas permis de réanimer les 4 bébés. Et depuis, Nour Guissé n’entend pas laisser  cette tragédie sans suite. Désormais son seul espoir et le moyen d’être rétabli dans ses droits, reste la justice.

Interrogé, Professeur Telly Sy  de la clinique Médicis, le principal mis en cause dans cette affaire, rejette catégoriquement toutes les accusations du couple Guissé qui qualifie d’infondées.

«Moi, je n’étais pas en Guinée… Je suis arrivé le samedi dernier vers 18 heures. Mon assistant qui me remplace à la clinique m’a  appelé pour m’informer que Mme Guissé a perdu les eaux sur sa grossesse.  Je lui ai recommandé de la faire hospitaliser pour qu’on puisse gagner du temps pour au moins essayer de sauver les enfants. On a fait des traitements particuliers liés à cet effet. Mais tardivement dans la nuit, on m’a dit qu’elle a eu des contractions et qu’elle est rentrée en travail. Ils ont dirigé l’accouchement. Par la suite, je suis venu après  l’accouchement pour constater que les enfants ont été tout de suite conduits à l’INSE de Donka et j’ai revu la dame. Elle allait parfaitement bien. Après tout le processus, elle a rejoint les enfants à Donka », se défend Pr Sy avant de préciser qu’il est prêt à répondre partout où le couple Guissé va l’appeler. Car, selon lui, il n’a rien à se reprocher.

«Que ce soit devant l’ordre des médecins ou à la justice, je pense qu’on a agi comme on devait le faire, le dossier médical en fait foi tout est noté», conclut le médecin.