Affaire Soguicom: l’ex-maire de Matoto, Mohamed Camara accusé « d’abus de biens sociaux » par un coactionnaire

novembre 2, 2018 3:56
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La plainte contre lui a été réchauffée il y a trois semaines. Cela, après un apparent échec de la médiation des sages de la communauté Konia. Dans les jours à venir, Mohamed Camara, le gérant de la société Soguicom internationale, la société de fourniture d’intrants agricoles, pourrait donc  s’expliquer devant les officiers de la police judiciaire.

Ce serait peut-être le début d’une longue procédure judiciaire. Moussa Soumaoro, également homme d’affaires, accuse Camara «d’abus de biens sociaux ». Dans une copie de la plainte déposée à la DPJ dont Guineenews a pu obtenir une copie, l’avocat de Soumaoro laisse comprendre que Soguicom n’est pas la seule propriété de l’homme d’affaires Mohamed Camara. Une version renchérie par une lettre datée du 25 juillet 2018, adressée aux sages et notabilité de la communauté du Konia.

Dans cette lettre de sollicitation de règlementation pacifique du conflit l’opposant à Mohamed Camara, Moussa Soumaoro revient sur la genèse de SOGUICOM.

Selon lui, c’est en 2005 que monsieur et madame Camara, une certaine Mariama Siré Kaba et lui-même (Moussa Soumaoro), se sont associés dans les proportions respectives de 50 %, 30 % et 20 % du capital social de la société SOGUICOM International. Actionnaire majoritaire, Mohamed Camara a été désigné gérant de l’entreprise. Sauf que, « depuis 2011 jusqu’à aujourd’hui… Monsieur Mohamed Camara n’a jamais convoqué une assemblée générale des associées ou une simple réunion pour le compte rendu de sa gestion et le partage du bénéfice.»

Pourtant, la société a pris de l’ampleur depuis 2011, gagnant beaucoup de marchés avec l’Etat. Entre autres,  c’est Soguicom qui a fourni les intrants agricoles pour le compte du projet Fruits et Légumes de Mamou et Kindia pour des  montants globaux  qui seraient de 2 254 920, 60 dollars US et 5 158 400 000 francs guinéens. En 2011, la société aurait également raflé le marché de fourniture de 300 000 litres d’herbicides sélectifs pour la campagne agricole 2011 – 2012. Un marché qui aurait été complètement exécuté pour un montant de 29 487 300 000 francs guinéens sur lequel un paiement de 9 milliards a été fait et le solde, soit 20 487 300 000 GN, s’est élevé avec les intérêts légaux moratoires à 24 185 257 650 francs guinéens.

Moussa Soumaoro réclame également à Mohamed Camara sa part dans 17 500 000 000, représentant la valeur de 350 000 litres d’herbicides vendus sur le marché privé, ainsi que dans  75 mille dollars US ( issus de la vente d’une importante quantité de peinture Suvinil de BASF) et dans une action de deux milliards dans l’ex-BADAM. Et ce n’est pas tout : Mohamed Camara aurait vendu trois machines agricoles appartenant à la société et le seul tracteur qui reste travaillerait à son compte à N’Yonsomoridou. Par ailleurs, avec l’argent de Soguicom, Mohamed Camara aurait accordé un prêt de 3 200 000 000 à « la société  MKC  de son épouse Mariama Siré Kaba », alors qu’il aurait mis sur  1 500 000 000 francs guinéens  et 100 00 dollars domiciliés à la banque BSIC.

«Cette gestion opaque et malencontreuse a créé un désaccord profond entre Mohamed Camara et ma personne. Finalement, j’ai préféré suspendre mes activités au sein de la société SOGUICOM, en novembre 2016, pour me créer une activité propre », indique celui qui a été directeur administratif et financier de SOGUICOM.

S’il est parti de la société en 2016, Moussa Soumaoro n’a pas oublié ses actions et tous les avantages qui y sont liés. « J’ai des actions dans cette société et je me suis battu comme les autres pour son émergence, je dois donc être rétabli dans mes droits », revendique Soumaoro.

Joint au téléphone, jeudi, en vue d’avoir sa réponse à ses accusations, Mohamed Camara n’a pas souhaité s’exprimer dans la presse. « Les problèmes qui sont à la DPJ ne se traitent pas à la radio. Je ne suis pas un homme comme ça. Dites à Moussa de vous donner des explications et de faire ce qu’il veut… Il n’a pas confiance en la justice, c’est tout », a-t-il néanmoins déclaré au bout du fil.

A suivre