Afrique subsaharienne : entre croissance et inquiétude économiques (rapport FMI)

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José Sulemane, représentant résident FMI en Guinée

Le représentant du Fonds Monétaire en Guinée –FMI- a présenté ce mercredi 21 novembre un rapport portant sur les perspectives économiques régionales de l’Afrique subsaharienne. Dans son exposé, le représentant résident José Sulemane a mis un accent particulier sur les flux des capitaux et l’avenir de l’emploi dans cette région. Ce document de trois chapitres évoque la reprise de la croissance et les risques encourus par les pays de l’Afrique subsaharienne ayant une faible économie.

Dans ce rapport, il est mentionné à la première page que « les perspectives économiques de l’Afrique subsaharienne continuent de s’affirmer. La croissance devrait passer de 2.7% en 2017 3.1% en 2018, grâce  à des ajustements des politiques nationales et un environnement extérieur favorable, notamment la persistance d’une croissance soutenue de l’économie mondiale, la hausse des produits de base et des conditions  de financement extérieur accommodantes. »

A cela, le rapport ajoute qu’il « est nécessaire de continuer d’améliorer la mobilisation des recettes intérieures afin d’assurer la viabilité de la dette et de créer un espace budgétaire pour les dépenses d’investissement et de développement qui s’imposent.» Car, «l’ajustement budgétaire tient dans une large mesure au rebond des prix  du pétrole pour les pays exportateurs de pétrole, combiné avec de fortes baisses des dépenses d’équipement dans plusieurs pays.»

Cette étude du FMI  révèle aussi que « le secteur financier reste très vulnérable… et les entrées de capitaux ont été vigoureuses au premier semestre de 2018, avec des émissions records d’euro-obligations. Mais les turbulences récentes dans les pays émergents ont entrainé une hausse des écarts de taux d’intérêts. Les réserves n’ont cependant généralement pas été reconstituées et dans la moitié  des pays de la région, demeurent en deçà des niveaux jugés adéquats ».

Or, poursuit le rapport, pour la protection de la reprise et la création de nombreux emplois pour l’exploitation de son dividende démographique, «il est nécessaire de réaliser une croissance vigoureuse, durable et inclusive.»

Pour cela, le FMI recommande le renforcement de la résilience et la facilitation de la réaffectation de la main d’œuvre et du capital vers des secteurs plus productifs afin de rehausser plus rapidement les revenus.

Ainsi, le représentant du FMI dira qu’il y a trois messages dans ce rapport.  Premièrement, note-t-il, il y a [non seulement] « la persistance de la croissance économique en Afrique subsaharienne mais aussi les défis liés aux changements au niveau des marchés internationaux, aux taux d’intérêts dans les pays développés et le problème de prix des matières premières ».

Il a aussi fait mention de « l’évolution dans le secteur budgétaire dans les pays de l’Afrique subsaharienne » et « les besoins de mobilisation des recettes pour réaliser les infrastructures de développement.»

En plus, M. José a invité les Etats de l’Afrique subsaharienne à « faire attention aux problèmes dus au développement récent des tensions commerciales entre l’Amérique et la Chine et l’évolution technologique qui pourrait affecter les emplois dans les années à venir ».

José Sulemane a enfin rappelé que son institution accompagne les économies africaines avec des financements, mais aussi elle prodigue des conseils et apporte une assistance technique aux Etats pour aider à faire des politiques domestiques et la possibilité de formation. Tout cela ne sera possible qu’avec « une meilleure façon d’utiliser les ressources extérieures et de générer des ressources domestiques ».

M. Bakary Sylla, chef de cabinet MEF Guinée

Par ailleurs, le chef de cabinet du ministère de l’Economie et des Finances, Bakary Sylla , a apprécié le travail : « le rapport nous montre que nous allons dans le bon sens. Nous partageons l’essentiel des conclusions contenues dans le rapport. C’est-à-dire accentuer l’efficience des dépenses publiques, diminuer les subventions improductives et mobiliser davantage de recettes intérieures ».