Agriculture : la culture du cacao vole la vedette à celle du café dans la zone de Lola

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Dans la préfecture de Lola, c’est désormais la culture du cacao qui est prisée au détriment de celle du café. Les raisons de cette mutation seraient liées au fait que dans les plantations du cacao les travaux seraient moins pénibles et que la fève de cacao serait plus rentable aussi,  avec près de  trois récoltes par an.

Karomo Chérif est l’un producteurs de café qui tirait l’essentiel de ses ressources de cette culture, depuis plus de 50 ans maintenant. Mais, l’homme vient d’abandonner le café au profit du cacao, qui serait plus rentable selon lui.

« Pour la petite histoire, je vous dis aujourd’hui que la culture du café  est enracinée dans les sous-préfectures frontalières de Gueasso, principalement dans  les villages frontaliers de la Côte d’Ivoire et du Liberia, où les paysans étaient principalement  investis dans la production du café. Au temps du premier régime, beaucoup de Guinéens ont abandonné leurs plantations de café parce qu’on n’achetait pas. Parce que l’état n’achetait pas, ce qui  a été à la base de la destruction des plantations. Dieu merci, nous avons sauvegardé bien nos plantations et ont faisait transporter nos produits en fraude pour la Côte d’Ivoire, parce qu’on n’achetait pas en Guinée », a rappelé notre interlocuteur.

A l’époque, on pouvait être jeté en prison et cela pour une longue période, pour avoir seulement été trouvé en possession d’un grain de café.

Ils ont tout de même résisté au premier régime, puis à la deuxième république.

Maintenant, avec les temps qui s’annoncent et les difficultés liées à  la Covid19, tous ont migré vers la culture du cacao, puisque le café ne rapporte plus, même s’il est écoulé sur place.

Le secteur du café  souffre d’abord de deux problèmes majeurs, a confié pour sa part Abou Chérif,  planteur de café disposant de 18 hectares.

« Le café c’est une seule récolte  par an et le cacao c’est trois fois par an.

J’ai hérité de cette plantation qui a plus de 80 ans mais aujourd’hui beaucoup de paysans veulent migrer vers la culture du cacao. Le manque d’accompagnement des producteurs et le vieillissement des producteurs de café sont deux raisons qui  pourraient hypothéquer l’avenir du secteur du café », a-t-il déploré.

Selon lui donc,  il est mieux de faire la plantation mais si le gouvernement  accompagne les producteurs de café dans l’achat des produits phytosanitaires, cela  aurait mieux fonctionné.

Pour M. Jean, un autre paysan évoluant dans la filière cacao, les gens ont  besoin d’un accompagnement du gouvernement pour pérenniser la production du café en Guinée.

« Si on parle de la richesse de la Côte d’Ivoire c’est le cacao. Depuis la deuxième République, on accompagne  les producteurs de  café en pépinière, mais le résultat que nous voulons, c’est seulement le cacao qui peut nous donner ces résultats », a-t-il assuré.