Agriculture : les plaines agricoles de Monchon (Boffa) menacées de disparition

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Monchon est l’une des zones agropastorales de la préfecture de Boffa. Aujourd’hui, suite à la montée des eaux, elle est confrontée  aux problèmes d’infrastructures sociales de base et la disparition de ses terres cultivables. Ceci est en train de devenir un véritable casse-tête   pour les habitants de cette localité, située à près de 200 km de la capitale, Conakry. Face à cette situation désastreuse, ils demandent de l’aide des autorités pour ce district situé à environ 70 kilomètres du centre-ville de Boffa sur la route de Boké.

Les pleines de Monchon couvrent  plus de 9 450 hectares. Selon le directeur préfectoral de l’agriculture de Boffa, le Dr Alseny camara, depuis  1998, ces plaines n’ont connu aucun aménagement.

« Boffa a des potentialités agricoles. Si elles sont aménagées, la Guinée n’aura pas besoin d’importer le  riz ailleurs. Si vous essayez de faire un tour, vous verrez vous-même que c’est un secteur levier. Il y a aussi quelque chose  plus important qui est la culture maraîchère qui peut s’adapter à tout genre de climat. A cela, s’ajoute la culture pérenne  qui est le palmier à huile », affirme-t-il.

Poursuivant, il dira que « les contraintes que nous sommes en train de traverser  est le manque de mécanisation de ce secteur. C’est pourquoi, l’Etat n’a qu’à accepter de venir en aide à ce secteur ».

Pour Kalil Bangoura, un paysan de la localité,  Monchon est aujourd’hui confrontée à d’énormes difficultés : « Nous sommes exposés à toutes les souffrances de cette terre. Nos digues de front  ont  lâché, il y a de cela, une  vingtaine années. Nous n’avons pas où travailler. Au-delà  tout cela, la mer continue à grignoter au fur et mesure nos  pleine.  Avant ces plaines  que vous voyez, nous ont permis de nous nourrir nous-mêmes et de subvenir à certains de nos besoins notamment les soins de nos enfants et leur habillement. Mais, actuellement, nous ne pouvons plus. L’Etat n’a qu’à nous aider parce qu’un pays ne peut pas se développer sans maîtriser son autosuffisance alimentaire ».

Selon un des responsables du district de ladite localité, le gouvernement n’écoute pas leurs doléances. C’est pourquoi, « comme nous avons vu qu’il n’y a aucun moyen, nous-mêmes, nous sommes sortis pour colmater certaines de nos plaines à notre manière ».

Envahies par les eaux, les plaines de Monchon sont aussi confrontées à la vétusté   des digues de front. Ce qui a gravement impacté l’économie de cette localité, selon la présidente des femmes, Makale Bangoura.

La population de Monchon vit aujourd’hui dans une difficulté qui ne dit son nom ajoute Kala Koumbassa. Avant de dire : «  nous allons toujours continuer à implorer le Bon Dieu et à appeler l’État de nous aider à aménager notre digue. Car, cela sera un atout pour tout le monde ».