Aissata Daffé de l’UFR: « Quatre de nos collègues femmes sont à la Maison centrale dont une nourrice »

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Les arrestations des militants de l’opposition se poursuivent depuis le début des manifestations dites de défense de la constitution. A l’Union des Forces Républicaines (UFR) de Sidya Touré, en dépit des nombreuses arrestations et « kidnapping » des militants dont des femmes, les responsables n’entendent pas baisser les bras quant à leur détermination à empêcher le vote du 1er mars prochain.

« Aujourd’hui, ce sont les kidnappings. Des personnes cagoulées enlèvent des simples citoyens. L’un des cas les plus frappants, un jeune universitaire de son état qui portait un tee-shirt de l’UFR, qui venait de Dubreka, a été enlevé et s’est retrouvé au camp de Soronkoni à Kankan. C’est après avoir vu son badge, qu’un agent s’est rendu compte que c’est un intellectuel et pas des moindres. Il lui dit, nous aussi on nous enseigne votre discipline. Le jeune lui a donné d’autres enseignements et l’agent en question a libéré le jeune qui est aujourd’hui à Conakry. C’est vous dire même moi qui vous parle, on peut venir m’arrêter. Mais, ne vous inquiétez pas. La prison, c’est ça la crème pour la politique. Quand vous faites la prison, vous êtes devenus un vrai politicien… Mais, on n’y meurt pas. Et j’aurais souhaité que le pouvoir continue à arrêter les gens pour qu’on remplisse les prisons de Guinée. Parce que si cela continue, le monde entier va se rendre compte que le régime en Guinée est un régime dictatorial », a indiqué Bakary Goyo Zoumanigui.

Pour lui, ces agissements du pouvoir en place ne sont pas surprenants. « Mais, ne soyez pas surpris. Alpha Condé a dit qu’il prenait la Guinée là où Sékou Touré l’a laissée. Donc, ce n’est pas surprenant. On crée maintenant des camps de concentration à Soronkoni ou au camp Mankambo où on fait la torture. Cela n’est pas surprenant, continuons notre combat. Pour ceux connaissent l’histoire, quand un combat arrive au niveau où nous sommes, ça veut dire que la solution est au bout, la solution n’est plus loin», a souligné le Secrétaire général de l’UFR.

Pour sa part, Aissata Daffé, présidente nationale des femmes de l’UFR a d’abord félicité les femmes du FNDC en général et celles de l’UFR en particulier pour courage dans le cadre du combat de la défense de la constitution actuelle.

Cependant, elle dénonce l’arrestation des femmes qui sont conduites directement à la Maison centrale de Conakry dont une nourrice.

« Quatre de nos collègues femmes sont à la Maison centrale dont une nourrice. Il s’agit de Hadja Nènè Camara, Hadja Yarie Camara, Mariama Diallo et une nourrice. C’est vraiment regrettable », a déploré Mme Daffé qui estime que l’arrestation des personnes à cause de leur opinion politique est un recul de la démocratie.

Elle a également dénoncé l’attaque des leaders politiques à Kissidougou et ainsi que le cas de députés de l’UFDG qui ont été confinés à leur résidence à Mamou par les forces de maintien d’ordre.

Autres cas de « kidnapping, le député Ibrahima Bangoura cite l’arrestation de responsables du parti à Gbessia. « A Gbessia, un de nos responsables, Aboubacar Léa Sylla, ils sont allés chez lui, arrêter sa mère, deux de ses frères, frapper sa mère, une veille femme, en pleine nui avant de les envoyer à la DPJ. Il en est de même pour Yamoussa Sylla. Ils sont arrêtés par des hommes cagoulés à des heures tardives, en violation flagrante de la loi. C’est déplorable et très grave », a dénoncé le vice-président de l’UFR.

A ces cas s’ajoutent l’arrestation d’un garde du corps de Badra Koné, au quartier Boussoura, le 12 janvier dernier, actuellement détenu à la Maison centrale et bien d’autres militants qui seraient emprisonnés ailleurs dans le pays.

Pour les responsables de l’UFR, ces arrestations sont plutôt un motif de détermination pour eux à poursuivre le combat contre un 3ème mandat en République de Guinée.