Alerte/Mamou-Marela: quand les passagers deviennent des otages du conflit entre deux syndicats des transports

septembre 26, 2018 7:26
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Cela fait plus d’un mois maintenant que les transporteurs entre Mamou et Maréla, une sous-préfecture de Faranah se font la guerre pour des raisons d’intérêts au détriment des passagers de cet axe distant de 90 kilomètres. Une convention sur l’ordre d’embarcation au départ et à l’arrivée, de part et d’autre, aurait été violée par les deux parties. Conséquence, les véhicules  des deux localités, après avoir débarqué leurs passagers, reviennent vides.

Pour comprendre la genèse du problème, nous avons approché les deux parties, qui chacune, défend sa position et rejette la responsabilité sur l’autre.

Mamadou Soya, le secrétaire général du Bureau de l’Union des transporteurs et routiers de Mamou explique les causes de ce différend : «Mamou et Maréla avaient signé une convention sur l’embarcation au départ des passagers. Puisque Mamou est une préfecture, à la gare de Mamou, deux véhicules de Mamou embarquent à destination de Maréla puis, un véhicule de Maréla aussi embarque pour Mamou. Maréla étant une sous-préfecture, nous avons décidé qu’à partir de la gare de Maréla, un véhicule de Maréla contre un véhicule de Mamou embarque à destination de Mamou. Le problème est survenu lorsque le bureau du syndicat de Maréla a violé la convention. Un jour, nous avons donné le premier ticket à un de nos transporteurs qui voyageait pour Maréla. Arrivé là-bas, ils ont refusé qu’il prenne des passagers. Il est revenu vide. Depuis, les transporteurs des deux localités après avoir déposé leurs passagers, rentrent vides. Le Secrétaire général du syndicat de Maréla est venu même au marché hebdomadaire de Kalia, chasser nos chauffeurs. Les commerçants sont témoins.»

Quant à Aboubacar Diakité, le Secrétaire général de la section sous-préfectorale des transports et mécaniques générales de la CNTG de Maréla, il rejette la responsabilité du problème sur les transporteurs de Mamou.

«Dans la vie, il ne faut être égoïste. C’est le syndicat de Mamou qui a violé la convention. On a dit deux véhicules de Mamou contre un véhicule de Maréla embarquent les passagers à tour de rôle. Mais ils ont pris l’habitude de léser nos chauffeurs. Une fois, un véhicule de Mamou a embarqué pour Maréla, ils ont donné le ticket de sortie N°1 à ce véhicule. Notre chauffeur est arrivé sur leur ligne, ils ont dit qu’il doit attendre deux véhicules de Mamou avant qu’il ne commence de prendre des passagers et que le premier véhicule qui est sortie ne fait pas partie du compte. Lorsque ce véhicule est arrivé à Maréla, nous ne l’avons pas permis à notre tour de prendre des passagers. Parce qu’il ne fait pas partie du compte. Il est rentré vide à Mamou. C’est depuis qu’ils ont commencé à empêcher nos transporteurs de prendre des passagers à Mamou. C’ets pourquoi quand ils viennent ici, ils ne prennent pas de passagers. Nous évoluons ainsi. Ces derniers temps, lorsqu’on était en pénurie de carburant ici, nous avons envoyé des bidons à Mamou pour acheter du carburant,  certains éléments du syndicat,  nous ont empêchés d’acheter à la station. Ils ont chassé le porteur des bidons », a-t-il confié.

Il est temps que les responsables des différents syndicats des transporteurs de Mamou et Faranah se retrouvent pour trouver une solution à cette crise avant que la situation ne dégénère entre les chauffeurs voire même les populations.