Amadou Diallo de la CNTG sur la hausse du prix du carburant : « on ne peut rien parce qu’on n’est pas écoutés et soutenus »

août 1, 2019 5:38

Ce 1er août 2019, le gouvernement guinéen a revu à la hausse le prix du litre de carburant à la pompe. De 9500, on passe à 10 mille GNF. Cette situation a fait réagir Amadou Diallo, Secrétaire général de la Confédération nationale des travailleurs de Guinée (CNTG).

M.Diallo trouve l’augmentation du prix du carburant est normale avant d’ironiser en disant que le gouvernement pouvait même augmenter un peu plus : « Je félicite le gouvernement. Je souhaite qu’il augmente un peu plus. Cette augmentation concerne toute la population. Alors si la population reste muette cela veut dire qu’elle consent. Donc nous aussi nous consentons. »

Le patron de la CNTG affirme que les syndicalistes se battent pour les travailleurs et les populations, mais si ceux-ci refusent de suivre leur mot d’ordre, le syndicat ne peut rien. « Si on n’a pas le soutien des travailleurs et de la population, qu’est-ce que vous voulez qu’on dise ? Quand nous-nous levons pour défendre la population, elle ne suit pas. Surtout que cette augmentation ne concerne pas que les travailleurs, mais toute la population guinéenne. »

Frustré de cette inaction de la population, Amadou Diallo affirme que les syndicalistes ne feront rien cette fois-ci : « du côté de la CNTG, on ne réagira pas du tout. Lorsque les travailleurs devaient nous soutenir, ils ne l’avaient pas fait. Ce n’est pas maintenant qu’ils vont nous pousser. Ce n’est pas possibleEn 2018, le prix a été augmenté. La population est restée inactive. On était sortis et les forces de sécurité nous ont gazés au niveau du marché Niger. Personne ne nous a soutenus. J’avais reçu un coup de matraque à la nuque, de justesse je n’ai pas perdu la vie. Vous voulez que le syndicat fasse quoi ? On ne peut rien parce qu’on n’est pas écoutés et soutenus. »

Le Secrétaire général de la CNTG regrette tout de même le fait de n’avoir pas été consulté par le gouvernement, violant le protocole d’accord : «en principe, quand on doit augmenter ou baisser le prix, le gouvernement doit consulter les partenaires sociaux, les employeurs et le syndicat. Mais le gouvernement ne respecte jamais ses engagements. C’est la loi du plus fort. »