Aménagement du territoire : l’amélioration des quartiers précaires et bidonvilles au menu d’une réunion à Conakry

juillet 10, 2019 3:08

Selon des études récentes menées par l’ONU Habitat, près de 60% des populations urbaines d’Afrique Subsaharienne vivent dans des bidonvilles. La Guinée n’est pas en reste.  C’est pour justement améliorer cette tendance que le ministère de la Ville et de l’Aménagement du Territoire (MVAT) en partenariat avec l’Onu Habitat, a lancé ce mercredi 10 juillet le programme Participatif d’Amélioration des Bidonvilles.

Initié par les pays de l’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique et financé par la Commission Européenne, le Programme a été lancé en 2008. Son but, est d’améliorer les conditions de vie des populations pauvres dans les quartiers informels et les bidonvilles en vue d’assurer à tous, l’accès à des logements adéquats, sûrs et abordables.

C’est la commune de Kaloum qui a servi de cadre au lancement de cette activité en Guinée avec la participation des maires des 5 communes de Conakry, du président de la commission de l’aménagement du Territoire à l’Assemblée Nationale, des cadres du MVAT et des représentants de l’Onu Habitat.

D’entrée, la Mairesse de Kaloum, Hadja Aminata Touré a apprécié à juste titre cette initiative. Parce que, dira-t-elle, la commune de Kaloum abrite un plus grand nombre de quartiers précaires. « Nous sommes donc très heureux et fiers d’accueillir cet atelier dans notre commune.  Ici à Kaloum, nous avons un problème d’assainissement, d’adduction d’eau potable, de pavage, d’espace de vie décent et surtout d’encombrement. Vous n’êtes pas sans savoir qu’à Kaloum, une concession prend à peu près 30 à 50 personnes.  C’est pourquoi nous avons plus besoin de poumons écologiques, de parcs, que d’avoir des usines. Nous espérons que cette initiative ira de l’avant et que dans les années à venir, les bidonvilles vont disparaitre à Kaloum », a espéré la locataire de l’hôtel de ville de Kaloum.

Dans son discours d’ouverture, la cheffe de Cabinet du MVAT, représentante du ministre de la Ville, a indiqué que l’amélioration de l’Habitat précaire constitue une priorité du Plan National de Développement Economique et Social (PNDES) de la Guinée. « Et c’est aussi un des axes de la politique nationale de l’Habitat communément appelée Vision habitat 2021.  Cet axe intitulé habitat précaire et financement de sa résorption, se décline en plusieurs programmes parmi lesquels celui de l’amélioration des bidonvilles ayant pour objectif de parvenir à l’horizon 2030 à des villes sans bidonvilles en Guinée. Pour la mise en œuvre de cette stratégie, le gouvernement guinéen privilégie la réalisation des actions à travers des Programmes d’Amélioration de quartiers précaires par des projets de restructuration, de mise à niveau urbaine, de désenclavement et des programmes d’assainissement et d’adaptation au changement climatique », a déclaré Mariam Bangoura.

La Coordinatrice de la branche Logement et Amélioration des bidonvilles à Onu Habitat, a pour sa part, rappelé que la Guinée n’est pas le seul pays confronté au problème de bidonville.

« Aujourd’hui une personne sur 8 vit dans des bidonvilles. C’est la majorité de notre société urbaine qui vit dans des bidonvilles. Donc, la Guinée n’est pas seule dans ce problème. C’est pourquoi il faut agir ensemble et lutter contre la pauvreté urbaine pour une inclusion sociale et une prospérité urbaine. Ensemble, nous avons donc quelques actions à mener par exemple comment renforcer l’équipe pays à Conakry, comment impliquer les réseaux mondiaux, comment mobiliser la volonté politique à toutes les échelles et comment avoir un partenariat local pour l’amélioration des quartiers précaires et bidonvilles », a fait remarquer en substance Kerstin Sommer.