An 60 de la Guinée: les acquis infrastructurel et industriel de l’indépendance à Kankan

octobre 5, 2018 12:29
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A la faveur de la célébration de l’An 60 de l’indépendance guinéenne, le mardi 2 octobre 2018, Guineenews vous propose de découvrir ce qui reste des premières réalisations de la Guinée indépendante à Kankan.

La préfecture de Kankan, située à plus de 600 Km de la capitale Conakry, en Haute Guinée, a connu deux (2) unités industrielles, la Briqueterie et l’usine de jus de fruits, réalisées selon nos sources dans les années 70 dans le cadre du plan triennal.

Avant de décrypter la situation actuelle de ces deux unités industrielles, nous vous amenons à la découverte de ce qui reste des infrastructures de la gare du chemin de fer Conakry-Niger, héritage de la colonisation française mais qui a connu une triste fin en 2005, apprend-on.

Et le constat en cette fin du mois de septembre 2018, est assez amer sur le site de la gare de Kankan. Hormis des bâtiments coloniaux très vétustes, pour la plupart en ruine, surplombés par de grands manguiers qui forment des ombrages et sous lesquels, des gargotes et autres bars se sont érigés. Rien d’autre ne reste de cette gare.

Selon le chef de la gare de Kankan, Yogbo Sonomou, seul lui et 2 autres restent sur les 220 employés du chemin de fer au compte du 8ème district qui partait de la sous-préfecture de Bissikrima (Dabola) jusqu’à Kankan. « Au compte du 8ème district, de Bissikrima à Kankan, nous étions 220 cheminots travaillant pour 3 services, à savoir : la voie et le bâtiment ; la traction et l’exploitation. Mais à ce jour, nous ne sommes que trois » a-t-il précisé.

A en croire à M. Sonomou, la société des chemins de fer de Guinée comptait 5 trains, dont 2 AD 12 qui assuraient le transport des personnes, 2 CC et 1 BB qui transportaient les marchandises. Selon lui, c’est entre 1993 et 1995 que les derniers trains ont définitivement quitté Kankan ; respectivement le train voyageur le 12 juin 1993 et celui des marchandises, le 02 mai 1995 avec 187 tonnes de grain de coton.

Quant aux sinistres opérations de démantèlement des rails, elles auraient commencé à Kankan, en novembre 2005.  « C’est du 12 au 17 novembre 2005, que certains citoyens de la ville, en majorité des jeunes, se sont rués sur les rails avec une complicité tacite des autorités d’alors. Parce qu’au début de ses actes de vandalisme, nous avons informé toutes les autorités d’alors pour des dispositions sécuritaires. Mais personne, du gouverneur d’alors au préfet en passant par les autorités militaires, ne nous a répondu. Et si ces bâtiments ont été sauvés, c’est grâce à la résistance qu’on a opposée avec l’appui de certains qui étaient contre cette destruction », a révélé le chef de gare Yogbo Sonomou.

Selon Nansiriman Koulibaly, ex-cheminot et responsable du dépôt, le processus de démantèlement du chemin de fer a été commandité au sommet de l’Etat avec une implication remarquée de hauts dignitaires d’alors et des hommes en uniforme. Ce qui l’aurait conduit en prison lorsqu’il s’est opposé à l’enlèvement des rails à la gare de Kankan.

« Les rails ont été enlevés de Dabola jusqu’aux portes de Kankan par les militaires du camp de Soronkoni, à une trentaine de Kilomètres du centre-ville. Ils vendaient le kilomètre de ferraille de rail à dix millions de francs.

A Kankan, c’est Ousmane Conté, fils du président Lansana Conté, qui était à la manœuvre avec une quarantaine de camions dans lesquels les barres de rails rachetées à 70 000 francs l’unité, étaient embarquées pour Conakry », révèle M. Koulibaly. A l’en croire, à cause de sa farouche opposition à cette opération de destruction, il aurait été emprisonné, jugé et condamné en sursis.

Plus de vingt ans après le départ du dernier train de Kankan, suivi du démantèlement du réseau ferroviaire, avec à la clé la disparition du chemin de fer Conakry-Niger. La ville et même le pays continueraient de subir les conséquences de la politique du ‘’tout transport’’, estiment certains spécialistes.