An 60 de la Guinée: les temps de gloire et des grandes mutations sportives de l’indépendance à nos jours

octobre 6, 2018 4:24
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De son indépendance à nos jours, le Sport, à l’image de la Culture, a contribué à redonner une plus grande visibilité à la Guinée. Malgré ses prouesses et des mutations enregistrées, les résultats techniques de nos équipes évoluent en dents de scie.

Dès l’avènement du nouveau régime, les structures ne reflétant pas l’image de la Guinée ont été dissoutes. Ainsi, le sport a été structuré sur la base de la répartition géopolitique de la Guinée.

Les préfectures constituaient les fédérations, parmi lesquelles il y avait Conakry 1, Conakry 2,  Conakry 3, Kankan, Labé, N’Zérékoré, etc. La jeunesse de chaque fédération faisait ses activités. Sur le plan politique, il y avait un bureau fédéral  qui  faisait la promotion du sport, de la culture,  et des arts, à travers les ensembles instrumentaux et les orchestres. Par exemple, l’équipe de Kindia s’appelait l’équipe fédérale de Kindia, celle de Conakry s’appelait l’équipe fédérale de Conakry.

Vers  les années 64 -65, lorsqu’il a été question de s’engager dans les compétitions interclubs de la CAF, il a fallu changer le nom de ces équipes fédérales pour refléter le cadre sportif, sur recommandation de l’instance dirigeante du football africain. C’est ainsi que chaque fédération a trouvé un symbole  représentant sa fédération pour nommer son équipe. C’est pourquoi il y a eu les équipes comme  Gangan de Kindia, Hafia au compte de Conakry 2 dont le nom a été attribué par la population lors d’une réunion  de Conakry 2. Comme Kakilambé, le nom de la troupe artistique de cette zone ne collait pas, ils ont donc trouvé ‘’Hafia’’  qui signifie   la santé, la vigueur de la jeunesse.

En 1968, la Guinée, pour la première fois de son histoire, s’est qualifiée aux Jeux Olympiques de Mexique. Il y a aussi la coupe des clubs champions d’Afrique (C1), une compétition interclubs remportée à trois reprises par le Hafia FC de Conakry. Le trophée mis en jeu à l’époque portait le nom de Kwame Nkrumah, le premier président du Ghana indépendant. C’est en 1972, à Kampala (Ouganda) que le Hafia FC a remporté sa première coupe continentale. Le deuxième titre a été remporté le 20 décembre 1975 à Lagos (Nigeria) au stade de Surulere face aux Nigerians  d’Enugu Rangers battus 2-1 par le club guinéen. Le 18 décembre 1977,  le Hafia FC, au stade du 28-Septembre, réalise le triplé face aux Ghanéens de Hearts of Oak. Le club champion de Guinée perdra deux finale en C1 : en 1976 face aux Alégriens de Mouloudia d’Alger et 1978 face aux Camerounais du Canon de Yaoundé. Il faut rappeler que la défaite d’Alger  a eu de lourdes conséquences pour certains de ses acteurs. M. Toumany Sangaré, alors ministre des Sports a été limogé. La fédération a été dissoute, à l’exception de son président N’famara Camara qui n’avait pas effectué le déplacement à Alger. Les autres acteurs qui n’ont pas été jetés en prison ont eu à produire une note d’explication.

Il y a lieu de reconnaître, que c’est à travers le Hafia 77, que le football guinéen a écrit à ce jour les plus belles pages de son histoire.  Comme indiqué plus haut, ce club a été le premier à réaliser un triplé en Coupe des clubs champions d’Afrique, devenue aujourd’hui la Ligue des champions de la CAF.

Pour Maître Naby Camara, président du Comité  Olympique national et sportif, et ancien coach du Hafia 77, cette performance d’alors s’explique par une animation sportive échelonnée qui va du quartier à la Fédération en passant par l’arrondissement.

En 1972, Chérif Souleymane, actuel directeur technique national, a été sacré Ballon d’or africain, une distinction qui découle de la performance collective et individuelle.

« Un grand journaliste sportif de l’époque, feu Aboubacar Kanté, qui a été pour moi un manager, m’avait demandé d’inscrire des buts au cours des matchs se jouant dans les pays  fortement médiatisés  afin de me faire remarquer pour la quête d’une distinction. Donc, en  restant dans cet élan, j’ai scoré au cours de plusieurs matchs. Et c’est ainsi que  j’ai été désigné avec 36 sur 39 votants comme premier choix synonyme de 3 points chacun », explique le polyvalent joueur du Hafia 77, Ballon d’or africain de 1972.

Il est important de souligner aussi qu’en 1976, la Guinée a disputé la finale de la coupe d’Afrique des nations de football en Ethiopie. Une finale qu’elle a perdue face au Maroc, grâce au système de points  introduit dans le règlement d’alors.

Après le légendaire Hafia 77, le  Horoya AC s’est également distingué sur la scène  continentale en s’adjugeant la coupe des vainqueurs de coupe de la CAF  en 1978 et la Coupe de l’UFOA en 2009.

Les Rouge et Blanc de Matam viennent de réaliser cette année un exploit en se hissant aux quarts de finale de la 22ème édition de la Ligue des champions  de la CAF.

Sur le plan structurel, le football guinéen a connu plusieurs réformes ces dernières années. La crise qui a secoué l’ancien bureau  exécutif à travers la fronde de ses 11 membres a abouti à la mise en place d’un comité de normalisation, avec pour mission principale le toilettage des statuts et du règlement régissant son fonctionnement. Ce qui a débouché sur l’organisation d’une assemblée élective. L’homme d’affaires Mamadou Antonio Souaré ainsi été porté à la présidence de la Féguifoot.

Une Ligue de football professionnel et une autre de football amateur ont été mises en place. La fédération guinéenne de football s’est dotée désormais d’un programme de développement qui se matérialisera par une vaste campagne de prospection dans tout le pays pour enfin mettre en place la toute première académie d’élite en République de Guinée.

Cependant, la promotion du football féminin  est l’un des défis majeurs à relever par les gestionnaires du sport roi en Guinée.  Aucun championnat national intégral de foot féminin n’a été organisé depuis l’accession de la Guinée à l’indépendance.

Dans les autres sports, la Guinée s’est  brillamment illustrée dans les challenges internationaux. La  Boxe guinéenne s’est distinguée en 1965 avec le sacre  d’Alkaly Daffé , médaillé d’or dans la catégorie des – 60 kilos . La Guinée a  été sacrée championne d’Afrique à Lagos au Nigéria en 1973 avec Saliou Bella Diallo. Il y a eu la toute première qualification aux Jeux Olympiques d’Atlanta de Boubacar Diallo en 1992. La boxe féminine a successivement remporté la médaille de bronze aux  Jeux Africains de la Jeunesse de Gaborone en 2004 avec Aïssatou Keita. Housseinatou Bah  a obtenu la médaille d’or au tournoi de la Zone 2 récemment. La Lutte, à l’instar des autres disciplines sportives, a aussi réalisé des prouesses dans plusieurs compétitions : la distinction de N’Famoussa Soumah au Tournoi de Tolac en 2013 ; la médaille de bronze de Fatoumata Yarie Camara aux 8èmes Jeux de la Francophonie en Côte d’Ivoire. Cette dernière aura la lourde responsabilité de représenter la Guinée aux prochains jeux olympiques en 2020, après son succès au barrage. Le basketball, le Handball, le volleyball, le judo, le karaté et autres sports ont chacun, dans son domaine et selon ses possibilités, fait la fierté de la Guinée à travers des grandes équipes à l’image des Amazones de Guinée en basket , des grands volleyeurs comme Soriba Sourcouf Bangoura , feue Batouly pour ne citer que ceux là.