Angola: Dos Santos a-t-il démissionné ou a-t-il été démis ?

septembre 26, 2018 12:06
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Des innovations dans le mode de transition politique, les pays d’Afrique australe font la leçon aux autres. Le Zimbabwe a forcé Robert Mugabe à quitter le Pouvoir, l’Afrique du sud a chassé Jacob Zuma par un vote au parlement, on ne sait comment les tractations se sont faites en Angola pour que José Edouardo Dos Santos quitte à la douce et en deux étapes, d’abord la Présidence de la République ensuite la tête du parti, un jour de son congrès.

On retient aussi et surtout que l’ancien président avait fait un mea-culpa, il a reconnu ses erreurs et a demandé pardon aux Angolais. Le pays est exsangue, l’argent détourné est de trop. En cas de rapatriement des fonds détournés, la famille Dos Santos serait-elle affranchie de ce passé trouble ?

L’exemple du Botswana inspirerait. Le président de ce pays, après son mandat, a quitté sans arrière-pensée, l’Etat l’a récompensé par un ranch et du bétail, autant qu’il n’avait jamais imaginé acquérir  de sa vie, auparavant. Le voilà devenu fermier et cowboy, très content de se retirer dans la quiétude absolue en campagne avec sa rente et ses bêtes.

Tel serait le cas de Dos Santos et de ses enfants ? Rien ne le dit, pour l’instant, puisque après Philomeno, il reste la fille Isabelle, qui serait la plus riche femme du continent. Joao Lourenzo va-t-il faire rendre gorge à la famille de son prédécesseur jusqu’au dernier sou ? Laisser les enfants se mêler des finances publiques n’est nullement les aimer.

Cette humiliation en perspective dit largement que Dos Santos n’a pas quitté le Pouvoir par gaieté de cœur. Il a été obligé de démissionner, ce qui revient à dire qu’il y a eu un putsch à la douce, à moins que Dos Santos n’ait monnayé son pouvoir contre l’amnistie pour sa famille, sous caution de rendre une grande partie du magot. Toutes les supputations sont possibles dans cette affaire. Le Zimbabwe est aussi sur le chemin d’en faire autant, puisqu’on parle d’un gros diamant et des terres usurpées par Grace Mugabe. L’Afrique du sud n’est pas pressée de presser le citron à Zuma, l’ANC est sur du charbon ardent…

 Si le sort réservé aux chefs d’Etat qui quittent volontairement leur fauteuil ressemble à ces cas, comme à celui de Yahya Jammeh, il serait difficile de trouver des candidats au départ volontaires. Paul Biya, plus prévoyant, n’a pas accepté de limiter de mandat dans son pays, a les coudées franches jusqu’ààà !!!  Il doit éviter d’être battu par excès de confiance, autrement les choses vont s’écouter. Cela est aussi valable pour Joseph Kabila…