ANIES : des enquêteurs formés pour identifier des ménages vulnérables

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La Guinée a enregistré en 2019 un taux de croissance économique de 6%. Mais cela ne s’est pas répercuté sur le panier de la ménagère. Et comme l’ont dit les autorités, la croissance économique ne se mange pas. D’où la création de l’Agence nationale pour l’inclusion économique et sociale (ANIES).

Pour entamer réellement son travail sur le terrain, cette structure va collaborer avec l’Institut national des Statistiques (INS) pour identifier les plus pauvres à l’intérieur du pays afin de pouvoir redistribuer les revenus. Les 10 et 11 janvier 2020, une séance de formation a été organisée en faveur des enquêteurs recrutés par l’INS en vue de leur déploiement sur le terrain.

Dans son intervention, Aboubacar Kaba, le Directeur général de l’Institut national des Statistiques, a d’abord fait savoir que c’est la première fois que les plus hautes autorités du pays saisissent sa structure pour un tel travail : « Je dois rappeler que c’est la première fois que la plus haute autorité du pays ait confiance à l’INS pour lui confier un travail. Sinon tout ce que nous faisons avant, ce sont les partenaires étrangers qu’utilisent nos services. »

Plus loin, M. Kaba rappelle que dans le cadre de la lutte contre la pauvreté, plusieurs actions sont menées par le gouvernement guinéen : « Dans le cadre de la lutte contre la pauvreté, il y a plusieurs actions que le gouvernement est en train de mener et ces actions doivent être complémentaires. Il y a d’abord l’Agence nationale de financement des collectivités locales (ANAFIC) qui agit sur les offres à partir des infrastructures : construction des centres de santé, des écoles, des marchés, etc. Il y a des personnes vulnérables qui ne pourront pas utiliser ces infrastructures parce qu’elles ont des contraintes financières. Là, l’ANIES va venir agir sur les demandes en faisant en sorte que les populations les plus vulnérables soient en mesure d’utiliser les services créés par l’Etat dans le cadre de l’ANAFIC. Il y a aussi l’inclusion financière. Ce n’est pas seulement les transferts monétaires qui vont être faits, mais il y aura aussi les entreprises locales qu’on va encourager, à qui l’ANIES va donner du travail. Ainsi on va espérer que la croissance économique qui est très élevée  aujourd’hui serait impulsée, pourrait être soutenue à long terme. »

La responsabilité de l’INS, soutient-il, c’est de faire en sorte que les ménages vulnérables soient identifiés avec objectivité.

«La Guinée, c’est l’une des économies aujourd’hui, du point de vue macroéconomique, les plus performantes du monde. Vous avez un taux de croissance de 6%. Comme l’a dit le Premier ministre, la croissance économique ne se mange pas. Elle ne paie pas vos factures, elle ne nourrit pas vos enfants. Ce qui intéresse les Guinéens c’est le partage de la prospérité. Même si le pays a 20% de croissance, si les Guinéens sont pauvres ça n’a aucun sens. C’est ce que le gouvernement essaie de corriger avec l’ANIES », a déclaré Ansoumane Camara, le Coordinateur général de l’ANIES.

S’adressant aux enquêteurs, Ansoumane Camara a expliqué combien de fois l’enquête sur le terrain doit être rigoureuse : « Il est vraiment fondamental d’accepter de faire votre travail avec honnêteté et rigueur. J’insiste beaucoup là-dessus parce qu’il faudrait que vous sachiez que tout ce qu’on est en train de faire là est une chaîne. Vous collectez les données économiques et sociales sur la base d’un questionnaire que nous avons élaboré avec la Banque mondiale.  Une fois qu’on a vos données, l’IDEMIA (agence de biométrie, ndlr)  va aller sur le terrain pour sécuriser les identités. Vous savez qu’on est dans un  pays où les identités sont un peu fragiles. L’ANIES n’aura jamais d’argent pour aider tous les pauvres qu’il y a en Guinée. Donc le peu de gens qu’on va aider, il faut qu’on sache qu’ils sont vraiment pauvres. »