Après des tirs de gaz lacrymogènes contre son domicile, Dalein est fou de rage contre le régime

décembre 13, 2018 6:15

« Ils ont le culot de jeter des bombes lacrymogènes dans ma concession…»

Ce jeudi 13 décembre, aux environs de midi, le domicile de Cellou Dalein Diallo était invivable. Des gaz lacrymogènes y ont été jetés par les forces de l’ordre. Des larmes des journalistes, militants et responsables politiques ont coulé à flot. Beaucoup sont tombés en syncope avant de se relever plus grâce aux traitements de circonstance qui leur ont été apportés.

Quand l’air pur a remplacé l’air pollué, Cellou Dalein Diallo, entouré de ses pairs de l’opposition, a fait une déclaration pour dénoncer la « barbarie » des forces de l’ordre dont les gaz n’ont pas épargné des malades de l’hôpital et autres usagers de la route.

«Nous avons été gazés, pas nous seulement, les usagers de la route, les riverains, les malades de l’hôpital Donka. Cela montre à quel point ce régime est cynique, méchant. Même le personnel de l’hôpital et les malades n’ont pas été épargnés. Je parle de riverains du quartier de Landréah. J’ai vu une bombe lacrymogène tomber dans un bus. Lui, il s’était garé en attendant que le cortège qui était poursuivi par la police passe et puis la bombe lacrymogène est venue tomber à l’intérieur de la cabine », a indiqué le chef de file de l’opposition.

Plus loin, il a dénoncé l’agression de son domicile par les forces de l’ordre : « Nous nous sommes repliés ici à domicile et ils ont le culot de jeter des bombes lacrymogènes à l’intérieur de la concession. Il y a eu des gens qui sont tombés en syncope. Notre ami Ahmed Kourouma a pu difficilement se relever. Ma belle-mère dont la maison a été détruite à Kindia est tombée aussi en syncope. Les nombreux journalistes et les jeunes qui étaient là ont été fortement éprouvés. C’est une violation de domicile. Sinon lorsqu’on rentre à l’intérieur, ils devaient tout arrêter. Mais au lieu de cela, ils se sont arrosés le droit de jeter les bombes lacrymogènes à l’intérieur de la concession. Ce n’est pas la première fois. Après avoir tenté de m’assassiner, après m’avoir confiné ici à plusieurs reprises, après avoir jeté des pierres à partir de la mer à plusieurs reprises avec les loubards, les extrémistes du RPG, aujourd’hui encore ils persistent à nous agresser, à violer mon domicile. Et les personnes âgées qui étaient là en ont énormément souffert. Donc nous condamnons cette agression, cette répression sauvage de notre manifestation, d’abord de son interdiction. »

Cette « répression », ne découragera pas l’opposition, ajoute le président de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG) : «nous ne pourrons jamais être d’accord avec Kassory qui dit qu’il privilégie l’ordre à la loi. Et le gouvernement, quel qu’il soit, n’a pas le droit de suspendre une partie de la Constitution. Or, suspendre l’article 10, c’est suspendre une partie importante de la Constitution. Nous n’allons jamais nous soumettre à une telle dictature. Nous allons continuer à organiser les manifestations comme la loi nous en donne l’autorisation et le droit. »