Après deux défaites : Cellou veut briser le signe indien de la machine à perdre

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Pour l’Union des forces démocratiques de guinée (Ufdg) qui, contre mauvaise fortune fait bon cœur en prenant part à la présidentielle du 18 octobre, cette fois la victoire est possible.  C’est donc avec la ferme conviction que les conjonctures lui sont favorables, plus que cela ne l’a jamais été auparavant, que  le candidat Cellou Dalein Diallo s’est mis sur les rangs.

En allant à cette présidentielle qui s’annonce à grandes enjambées, l’opposant Cellou Dalein Diallo croit en son étoile et se voit déjà dans la peau du futur locataire du palais Sékhoutouréa.  Lui qui a raté à deux reprises la dernière marche menant sous les ors de la République, en 2010 et en 2015, veut cette fois vaincre le signe indien de la « machine à perdre », qu’est devenue l’opposition guinéenne, face à un exécutif à la main heureuse.

Ce vendredi, le principal opposant au régime d’Alpha Condé a signé son retour au pays, après une tournée dans la sous-région. Tournée que le candidat de l’Union des forces démocratiques de guinée (Ufdg) avait entreprise, en quête de soutien extra-muros.

Cellou dont le retour a été célébré en grande pompe par ses militants et sympathisants, a saisi l’occasion pour démystifier  le bilan du président Condé. Bilan marqué selon lui par des « crimes de sang et des crimes économiques ».

Dans ce discours de campagne prononcé devant des militants chauffés à blanc, le candidat de l’Ufdg a fait un clin d’œil à la Haute Guinée, fief présidentiel, qu’il compte faire tomber dans son escarcelle, à la faveur du scrutin du 18 octobre.

Dans cette offensive de charme, l’opposant le plus irréductible au pouvoir promet d’inscrire  la Haute Guinée parmi ses priorités, une fois aux affaires. Comme si pour cet ancien Premier ministre, cette province qui concentre 22 % des électeurs soit 1,17 millions, sur 5,4 millions d’électeurs, est l’une des  clés de ce scrutin à fort enjeu.

Province dont les attentes en termes d’infrastructures n’ont pas été comblées par le régime de Conakry. Si l’on s’en tient en tout cas aux sautes d’humeur des populations de cette partie septentrionale du pays, devenues récurrentes ces derniers temps.

Dalein qui réclame la paternité de la nationale  Kouroussa-Kankan-Siguiri, réalisée sous la deuxième république, alors qu’il était ministre des Travaux publics, voudrait s’engouffrer dans cette brèche ouverte par les contestataires, pour cette fois-ci aller plus loin, en dotant la région de routes et d’ouvrages de franchissement, grandeur nature.

Un discours de campagne qui sonne comme un appel d’air à l’endroit des indignés de Kankan et Siguiri. Où la jeunesse en déshérence ne sait plus à quels dirigeants se vouer. Et où le seul discours du parti au pouvoir est un discours caricatural et à relent ethniciste. Des propos qui sentent la naphtaline au regard de l’état actuel du pays.

A l’opposé de cette tambouille du Rpg-arc-en-ciel, la plupart des autres candidats à cette élection mettent l’accent sur la réconciliation nationale, la lutte contre la concussion, l’insécurité et l’innovation en matière d’éducation. Des questions dont la prégnance saute aux yeux.

Malgré donc un fichier électoral « taillé sur mesure » et une administration publique partisane, usant des moyens de l’État de manière boulimique, dans cette campagne présidentielle, l’opposition mise sur l’éveil de conscience des populations, pour sanctionner Alpha Condé dans les urnes.

Un président dont le bilan est certes chahuté par une frange de l’opinion, mais qui ne s’avoue pas vaincu.