Après une présidentielle mouvementée : le chemin de croix de Dalein continue

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Plusieurs opposants, y compris des lieutenants du président de l’Union des forces démocratiques de guinée (Ufdg) ont été interpellés et croupissent en prison, après la présidentielle du 18 octobre dernier. Ces arrestations  perçues comme un moyen pour le  pouvoir de Conakry de sonner l’hallali de l’opposition, sont la preuve manifeste que le chemin de croix s’avère encore très long pour Cellou Dalein Diallo.

Le président de l’Union des forces démocratiques de guinée (Ufdg), principal opposant au régime n’en finit plus avec les déboires, depuis son auto proclamation comme vainqueur de la présidentielle du 18 octobre.

Ainsi, après avoir été confiné jusqu’à la diète à sa résidence, suivi de la fermeture des locaux de son siège, c’est le glaive de la justice qui s’abat désormais sur les lieutenants de Cellou Dalein Diallo. Dont plusieurs ont été interpellés et attendent d’être déférés devant la justice. Un pas a d’ailleurs été  franchi dans ce sens, avec l’inculpation du vice-président du parti, Ibrahima Chérif Bah, la semaine dernière.

Ce lundi, Ousmane Gaoual Diallo, Cellou Baldé et Étienne Soropogui, respectivement conseiller chargé de communication de l’Ufdg, ancien député de Labé, et président du mouvement « nos valeurs communes » ont aussi rejoint la maison centrale de Conakry, selon une source proche de l’enquête.

Tous sont poursuivis pour « détention et fabrication d’armes légères, association de malfaiteurs, détention d’armes de guerre, pillages et destructions, participation à un attroupement, propos incitant à la violence, menaces à troubler l’ordre public et la sécurité ».

Ces arrestations viennent s’ajouter à celles de plus de 300 militants du parti, suite aux échauffourées qui ont éclaté au lendemain du scrutin.

Cette traque des opposants est assimilée à une purge politique. Soit. Et des voix s’élèvent au sein de la classe politique, de la société civile et des ONG de défense des droits humains, pour condamner cette « chasse aux sorcières ». Qui ne devait pas être, après une présidentielle controversée avec son cortège de morts et de blessés. Tous s’accordent à dire que le président devrait plutôt travailler à transcender les clivages, au lieu d’adopter une posture de va-t’en-guerre.

Des observateurs vont jusqu’à parler d’une justice du deux poids deux mesures. Vu que ce sont seulement les opposants au régime qui sont inquiétés. Du côté de la majorité présidentielle, l’essentiel étant de se rendre aux raisons du président. Cela vous donne un blanc-seing de faire la pluie et le beau temps au sein de la république.

Toutes ces tueries et interpellations citées plus haut ne seraient toutefois pas de nature à émousser les ardeurs de l’opposant Cellou qui continue de réclamer « la vérité des urnes ». Comme la seule issue à la  crise.

Quant aux moyens dont il compte user pour parvenir à ses fins, le président de l’Ufdg confie à RFI que cela se fera « Par la lutte. Nous continuons la lutte. Le peuple est conscient aujourd’hui des problèmes, des contraintes et des obstacles. C’est Alpha Condé qu’il faut dégager ! La force populaire finira par l’emporter pour instaurer effectivement un véritable Etat de droit dans notre pays. »