Arnaque à l’assurance : les détenteurs d’engins roulants pigeonnés par des sociétés d’assurance

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L’assurance automobile est une obligation à laquelle est soumis  tout détenteur d’engin roulant (autos, motos) en Guinée. En tout cas, dans les contrôles en ville et en rase campagne, l’attestation d’assurance fait partie des documents exigés par les agents des services de sécurité (police et gendarmerie routière).

Au-delà de la peur des sanctions (contravention), l’assurance permet en temps normal aux détenteurs d’engins roulants, soit de faire face aux éventuels dommages causés à autrui à l’occasion d’un accident, soit d’être pris en charge par l’assureur. Ce qui est paradoxalement loin d’être le cas en Guinée où la dizaine de sociétés d’assurance dans leur quasi-totalité ne joueraient pas le jeu, nous informe-t-on.

Selon des témoignages assez concordants, ces sociétés d’assurance en complicité avec les services de sécurité routière, seraient plutôt dans la posture de l’arnaque de leurs clients.

Et le mode opératoire serait d’exiger par l’intermédiaire des agents de la sécurité routière que les détenteurs d’engin roulant s’assurent mais qu’à l’arrivée, ces sociétés d’assurance se dérobent de leurs obligations de couvrir leurs assurés en cas d’accident.

Ce qui ferait qu’en Guinée, les détenteurs d’engin roulant vont vers les sociétés d’assurances non pas pour être couvert en cas d’accident, mais plutôt par peur des rackets des agents de la sécurité routière.

C’est en tout cas ce que semble révéler certaines victimes de ces pratiques que nous avons interrogées.

« Faire recours à son assureur dans notre pays en situation d’accident, c’est non seulement perdre son temps mais aussi en rajouter sur ses pertes et dommages subis. Une fois saisies, elles te feront tourner jusqu’à ce que tu te décourages et tu laisses pour toi à Dieu », a laissé entendre Moussa Kaba alias Kabakê.

Rafiou Diallo, une autre victime de ces pratiques des assureurs guinéens de raconter sa mésaventure : « J’ai été victime d’accident de la route dans ma voiture qui était assurée. Je suis entré en collision avec une autre voiture sur la nationale Kindia-Mamou. Outre la destruction quasi-totale de mon engin, j’ai été gravement blessé.

Mais je vous jure que l’assureur ne s’est ni occupé de moi ni de ma voiture malgré ma raison, selon le constat de la gendarmerie.

N’eussent été mes moyens pour ma prise en charge médicale, j’allais perdre ma vie. Quant à mon véhicule, il fut irrécupérable. Malgré les procédures judiciaires après le recouvrement de ma santé, il n’y a jamais eu de suite depuis plus de deux ans », a-t-il témoigné.

Sur le sujet, les sociétés d’assurance automobile misent en cause que nous avons tenté de contacter n’ont pas voulu répondre à nos sollicitations. Elles ont plutôt préféré se blanchir en prétendant mieux s’occuper de leurs clients.

En dépit de la connaissance de cet autre phénomène d’extorsion de fonds aux détenteurs d’engins roulants pour ‘’rien’’ par les autorités guinéennes, elles restent toujours muettes. Ce qui ferait croire à de nombreuses victimes de ces ‘’arnaques’’, à une complicité de ces autorités.

Ceci étant, avec l’explosion du parc automobile en Guinée et l’exigence de l’assurance dans les contrôles, ce sont des milliards de francs guinéens qui seraient engrangés chaque année par les sociétés d’assurance à travers le pays, sans qu’elles ne couvrent ces clients dans le besoin.

A titre d’exemple, le tarif d’assurance des motos à Kankan varie entre cent quarante mille et cent soixante mille francs guinéens (140 000 – 160 000 GNF). Quant aux véhicules légers, l’assurance varie entre cinq cent cinquante et sept cent mille francs (550 000 – 700 000 GNF) voire plus selon les sociétés d’assurance apprend-on.