Arrestation des responsables du FNDC: Contre les manifestations, ces membres du CAR désapprouvent les arrestations

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Bien que défavorables aux manifestions annoncées à partir de ce lundi 14 octobre, Bah Oury, Alpha Oumar Taran Diallo et Elhadj Boubacar Diallo ne sont pas d’accord avec l’arrestation des responsables du FNDC (front national pour la défense de la constitution). Tous membres du cercle des acteurs pour la République (CAR) dont les responsables sont considérés comme dissidents du FNDC, ils étaient ce dimanche à la direction centrale de la police judiciaire (DPJ).

Au micro de Guineenews, ils disent s’y être rendus pour s’enquérir des nouvelles d’Abdouramane Sano et cie… Nous vous proposons ci-dessous leurs propos au sortir de la DPJ

Alpha Oumar Taran Diallo, ADR

« Le directeur de la brigade de répression du banditisme (BRB), le colonel Idrissa Camara nous a fait comprendre qu’hier à 19 heures, la hiérarchie de la police a décidé de les déplacer pour les amener vers la banlieue, d’après ce qu’il sait. Voilà ce qu’on nous a fait savoir. Donc à l’heure actuelle nous ne savons pas où ils se trouvent… Mais nous avons dit au Colonel qui nous a reçus qu’il serait bien que l’autorité sache faire la part des choses parce que la situation actuelle n’est pas très enviable. La tension actuelle qui est palpable dans la cité n’est pas propice… Surtout quand des leaders sont arrêtés et conduits à des lieux secrets, ça s’apparente à du kidnapping. Ça ne fera qu’augmenter la tension. La loi a prévu les procédures selon lesquelles les arrestations et les détentions doivent se faire. Nous avons demandé à ce que cela soit respecté. »

Elhadj Boubacar Diallo, PPD

« Cette visite c’est pour montrer aux uns et aux autres que nous avons le même combat. Ce n’est pas parce nous nous ne sommes plus du FNDC mais nous défendons, le droit nous défendons les lois de la République. C’est pour leur dire que nous sommes venus nous enquérir de leur situation et dire aussi à l’autorité que ce qui se passe n’est pas légal. Parce qu’on ne peut pas arrêter quelqu’un sur une simple présomption. Il aurait été mieux de les arrêter sur les faits… Mais chacun a fait ce qui lui paraît être bien…Mais de toutes les façons, c’est un message que nous envoyons et aux autorités et à nos amis. Parce que chacun doit pouvoir faire le maximum de retenue pour que la cité ne brûle pas. Nous prônons la paix. Nous voulons que la situation soit décryptée… chacun doit faire son travail dans le strict respect de la loi. Par exemple si d’autres sortaient, qu’on ne brutalise pas les gens, qu’il n’y ait pas de morts »

Bah Oury, UDD

‘’Dabord ce qu’il faut retenir c’est que c’est un devoir, lorsque des personnes sont incarcérées, surtout quand ce sont des leaders d’opinion, de venir s’enquérir de leur situation. A partir de là, envisager les meilleures voies pour rechercher leur libération. C’est la motivation essentielle des présidents de l’ADR, de PPD et de l’UDD que je représente moi-même… ce qu’il faut reconnaître c’est que le pays est dans une situation très difficile. Les tensions sont fortes. Les autorités devraient prendre garde d’agir de manière inconsidérée, au risque d’alimenter le brasier. En plus de ces arrestations par exemple, il y a eu des déguerpissements inopinés dans certains quartiers de Conakry le long des rails pour des raisons qui ne sont pas du tout explicitées. Tout cela contribue à créer au niveau de la population des frustrations qui peuvent alimenter une certaine psychose d’angoisse et de frustration. Cela ne contribue pas à aller dans le sens des mesures d’apaisement dont le pays a fortement besoin dans cette période très tendue. Chacun des acteurs, aussi bien le gouvernement que les partis dits de l’opposition et autres doivent faire preuve de retenue et de responsabilité. Parce que la paix civile peut à tout moment être bouleversée par certains types d’attitude qui peuvent s’avérer incendiaires et suicidaires. Donc il faut que nous fassions très attention… »