Arrestation du député et maire de Kounsitel: le juge de paix de Gaoual dit «assumer»

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Les jours se succèdent et se ressemblent pour les opposants politiques du côté de Gaoual. Parmi les arrestations en cours figure désormais celle du maire de Kounsitel et député Mamadou Chérif Daillo, présentement en détention à la prison civile de Gaoual.

C’est son collègue député uninominal sortant de ladite circonscription, Ousmane Gaoual Diallo qui l’annonce à Guineenews. « L’honorable Mamadou Chérif Diallo, député et maire de Kounsitel, a été kidnappé hier par des hommes en embuscade à la sortie de Gaoual», déclare-t-il dans un message écrit.

Et d’ajouter: «après un moment de frayeur craignant le pire, nous apprenons ce matin qu’il est incarcéré à la prison civile de Gaoual. »

Sur les motifs de ce « kidnapping», le coordinateur par intérim de la cellule de communication de l’UFDG (union des forces démocratiques de Guinée) n’est pas affirmatif. Parlant au conditionnel, l’opposant indique que son collègue «aurait été dénoncé par un jeune suite à une dispute qui a eu lieu le 22 mars à plusieurs kilomètres de Kounsitel. Qu’il était au courant du différend qui opposait les gens», et de trancher: «bref juste de l’abus».

Ousmane Gaoual est moins précautionneux quant il s’agit du juge et procureur de la localité. «Le juge de paix de Gaoual, M. Kourouma, un extrémiste du RPG, procède à des arrestations et des provocations pour amener la population de Gaoual à la révolte», accuse-t-il.

Récemment cité dans «une affaire» similaire, le juge mis en cause avait opté pour le silence. Cette fois, monsieur Kourouma a répondu au téléphone de Guineenews pour rétorquer que le député-maire en prison «n’est pas le seul». Ajoutant que « ce sont des infractions qui ont été commises à la loi pénale et à la loi électorale que nous sommes en train de réprimer… »

Et celui qui est à la fois procureur et juge de la localité d’ajouter: «qu’en tant que procureur de la république à Gaoual, j’ai engagé une action contre tous ceux qui ont commis ces infractions à la loi pénale. S’il fait partie de ces gens-là, ils seront jugés pour les faits qu’ils ont commis…»

Il n’en dira pas davantage, invoquant «le secret professionnel.» Et à l’assertion selon laquelle, le député de la République, fut-il opposant, « a été kidnappé», autrement dit arrêté et incarcéré en violation de la procédure en la matière, le juge répond banalement: «J’accepte ». Et de renchérir, « moi j’assume ».

Comme pour narguer les opposants qui l’accusent d’être à la solde du pouvoir qui a fait de lui à la fois procureur et juge (juge de paix à Gaoual).