Arrestations et convocations d’opposants à Gaoual : le député de la ville accuse, le préfet nie, le juge reste muet

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La préfecture de Gaoual et les localités qui la composent ne font pas bon vivre pour les opposants au régime Condé pendant cette période post-électorale. Les arrestations, incarcérations et autres conventions sur fond  politique sont légion dans la zone. C’est du moins ce que Guineenews a appris du député uninominal sortant de la circonscription dont la version est corroborée en partie par le préfet.

Selon Ousmane Gaoual Diallo, ils sont environ une dizaine d’opposants actuellement incarcérés à la prison civile de Gaoual.  Ce sont sept (7) activistes du front  national pour la défense de la constitution (FNDC) de Gaoual et Kounsitel et deux (2) conseillers communaux de la commune rurale de Kounsitel. Parmi eux, Ibrahima Sory Doumbouya, membre du conseil national des jeunes de l’Ufdg.

Des arrestations sur fond d’intimidations et règlements de compte politiques dont la liste risque d’être très longue. En tout cas,  il y aurait encore plusieurs plaintes dont les personnes visées sont des responsables politiques ou de la société civile qui ont en commun le fait de s’opposer à la modification de la constitution.

Parmi eux, il y avait deux (2) membres et responsables FNDC Kakoni, 8 de la sous-préfecture de Koumbia, seize (16) membres du FNDC de Wendou Mbour, le maire de la commune rurale de Malanta, (Housseynou Diallo) et celui de Wendou Mbour, le Colonel Saadiouma Diakité.
Tous seraient convoqués à la justice de paix de Gaoual le mercredi en huit (1er  avril).

Le hic pour certains, c’est qu’ils seraient « convoqués pour incitation à la violence mais dans des localités où il n’y a jamais eu de violence. Ni avant, ni pendant, ni après le scrutin », dénonce le coordinateur par intérim de la cellule de communication de l’ufdg.

Mais à entendre l’opposant, certains parmi ceux qui sont convoqués le sont pour avoir refusé de prendre part à une réception organisée pour le candidat du parti au pouvoir aux dernières législatives. Ce qui expliquerait le fait que la plainte concernant ces autres opposants daterait du 20 mars… C’est-à-dire avant le jour du vote.

A propos de Koumbia et Wendou Mbour, le député persiste et signe que c’est « sur plainte du préfet » de Gaoual, Souleymane Sow que les opposants sont convoqués. Mas M. Sow est aussi catégorique. « Je m’inscris en faux contre celui qui vous a dit que le préfet a porté plainte contre quelqu’un. Je n’ai porté plainte contre personne », démentit-il. Indiquant de passage n’avoir peur de Dieu…

Malheureusement, si le député et le préfet sont d’accord sur les arrestations, au niveau des plaintes, c’est la parole de l’un contre celle de l’autre. Pour l’instant du moins. Le juge de paix que Guineenews a sollicité pour en savoir davantage opte pour le silence. M. Kourouma n’a répondu ni à l’appel ni au sms que nous lui avons envoyé.