Arrêt sur image : quand le transport rime avec prise de risques inutiles

0
727

On admettra partout que le code de la route soit formel pour qualifier d’insécurité de passager, la position de ce monsieur que l’on voit hissé à l’arrière de ce véhicule en déplacement. C’est une infraction sanctionnée par une amende infligée au conducteur. A laquelle s’ajoute l’obligation faite à la personne en situation d’insécurité de mettre fin à son comportement. Elle a le choix entre s’installer correctement à bord du véhicule, surtout qu’il y a de la place, ou en descendre et emprunter un autre. Il en va ainsi. Il ne s’agit nullement d’attentat à la liberté des individus. L’Etat réagit ainsi à travers les règles qu’il fixe pour garantir aux citoyens une sécurité optimale dans leurs déplacements. C’est son rôle régalien.

A voir ce monsieur (un adulte) dont le statut est indéfini à première vue, (passager, convoyeur, aide chauffeur ou apprenti), accroché à la galerie de ce vieux tacot roulant en centre urbain, on se rend compte qu’il y a problème quelque part. Au-delà de l’image qui choque, un risque est pris, un danger est foulé aux pieds. En est-il seulement conscient ou le minimise-t-il ? Son attitude suggère aisément la réponse à cette question.

Ne soyez pas surpris quand, chemin faisant, la police routière interpelle son véhicule et décide de mettre fin à son comportement. Ce même bonhomme va se considérer victime de la pire des tracasseries, Aussitôt qu’on va le sommer de descendre, il y a fort à parier qu’il marmonne, rouspète, voire même devient véhément pour bien marquer sa désapprobation, pour le sort ‘’injuste’’ qu’il subit, de la part d’agents ‘’sans cœur’’: qu’est-ce qui se passe encore, crie-t-il ? Ces policiers sont vraiment embêtants. D’ailleurs qu’est-ce que j’ai fait ? S’accrocher ici, c’est quoi même ? Où est le mal ? Tout le monde le fait, sans aucun problème. Pourquoi c’est à moi qu’on veut l’interdire?…

Pourtant, tout cela est fait dans son intérêt. On ne le met pas en prison. On agit juste pour sa sécurité, pour le protéger, parce que la société a besoin de lui et que c’est l’Etat qui assure ce rôle de veille et de substitution, à travers ses services compétents.

Au vu de sa position, on peut estimer qu’il est en insécurité. En cas de choc violent, ses deux points d’appui peuvent céder au même moment et il est projeté au sol. Le bois sur lequel il a mis les pieds, sans chaussures fermées, peut se déstabiliser, auquel cas il  glisse et s’éparpille dans tous les sens. De même le cadre qu’il tient des deux mains sur le toit de la voiture, peut s’arracher. Pour tout dire, il court des risques d’être blessé, voire tué.

L’Etat n’a pas besoin de savoir si cela lui plaît ou pas, ou s’il est conscient ou pas de l’insécurité de sa position. Il assure tout simplement son rôle en le protégeant, quelquefois, même contre son gré!