Arrêt sur image : quand on pense que l’assainissement se limite à la gestion des ordures

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L’assainissement est aujourd’hui un thème d’actualité, très à la mode. Mieux, c’est une préoccupation qui nous interpelle tous. Nos gouvernants semblent bien le comprendre qui ont mobilisé beaucoup de moyens en faveur du secteur. La création récente d’un département ministériel spécifiquement en charge de ce volet l’atteste à suffisance. On peut estimer que cette disposition traduit éloquemment la volonté politique du Pouvoir Central de garantir à tous les habitants de nos villes et campagnes un cadre de vie des plus souhaitables qui allie confort, sécurité et santé.

Cependant, si cela est indéniablement salué par tous, il reste à améliorer une conception réductrice qu’une bonne frange de l’opinion se fait de la notion d’assainissement. Un certain vécu nous conduit à affirmer qu’à chaque évocation du sujet, c’est de collecte d’ordures qu’il va s’agir dans l’imagerie collective. Une telle réaction résulte peut être des campagnes répétitives initiées dans ce cadre. Dès lors qu’on parle d’assainissement, on ne pense en général qu’aux ordures. Comment les enlever ? Comment éviter leur entassement ? Telles sont les questions que l’on se pose, d’emblée.

Ce réflexe acquis n’est pas à rejeter. Loin de là. Il est plutôt à capitaliser. C’est seulement son aspect réducteur dû à la focalisation de l’opinion sur le problème exclusif des ordures qu’il faut dépasser. On doit l’élargir aux autres volets s’y rattachant. Et ils sont divers. Ainsi seulement s’assurera-t-on d’atteindre pleinement l’objectif global recherché en matière d’assainissement. Entre autres, il s’agira de faire comprendre aux citoyens qu’il y a d’autres aspects liés à la thématique qui sont aussi importants à prendre en compte.

C’est le cas des eaux usées dégoulinant des canalisations et égouts bouchés ou éclatés, de celles inondant la chaussée en provenance des habitations riveraines de la route, comme l’image affichée ci-dessus nous le montre. Le tout formant en certains endroits, une nappe ou un filet nauséabond que le regard évite de fixer et que les pieds répugnent à fouler.

Nonobstant cet aspect répulsif qui affiche une esthétique douteuse et écorne l’image de la ville, il y a que cet environnement sert de vivier pour de nombreux agents pathogènes et des larves de moustiques qui prolifèrent indéfiniment, imposant dans la durée, le paludisme et autres maladies de l’insalubrité.

De même, ces routes constamment recouvertes par ces eaux stagnantes se détériorent prématurément par le phénomène d’infiltration qui déstabilise leur structure et dissolvent leurs éléments composites. Elles ne tardent pas à présenter des trous qui s’élargissent progressivement rendant la circulation difficile. Ce qui induit des embouteillages, de la grogne chez les usagers et des charges lourdes en réparation ou reconstruction pour les pouvoirs publics.

Pour y faire face efficacement, les citoyens, tout comme l’Etat, sont fortement interpellés. Les premiers, pour un changement de comportement allant dans le sens d’un meilleur respect des règles d’hygiène et le second dans l’initiation et la mise en œuvre de projets d’assainissement ambitieux et efficaces, porteurs de résultats pérennes et appréciés de tous.