Arrêt sur image : un panneau de signalisation en état de ’’mort programmée’’

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Dommage pour ce panneau STOP. Il était bien fixé et donnait des informations utiles aux usagers. Le voilà à présent, à terre, quoique encore adossé à son support métallique. Par le fait ou la faute de qui ? Personne pour y répondre. Interrogeons-nous plutôt sur les conséquences d’un tel acte.

Mais avant, beaucoup vont se demander pourquoi nous nous intéressons à ce genre d’information, à leurs yeux,  si  banale et insignifiante. Soit!  C’est  leur droit de penser ainsi. C’est une opinion qui se justifie et mérite qu’on en tienne  compte. Cependant, nous aimerions bien leur dire qu’ils se trompent. Ce genre d’information, pour autant qu’il peut paraître inintéressant à leur entendement, reste néanmoins  important et fait partie de la vie sociétale au quotidien, au même titre que les choses supposées être de grand intérêt, que l’opinion attribue souvent aux réalités en vrac qui s’offrent à notre regard ou se déroulent autour de nous.

L’aune des valeurs qui classifie les faits marquants ou pas, est difficile à cerner. Sans aller à lui trouver un caractère quelque fois empirique ou partial, nous conviendrons qu’il est bien difficile d’obtenir une unanimité sur l’importance à accorder aux réalités qui assaillent le monde, chaque jour de notre vie.

Revenons aux panneaux de signalisation pour dire qu’ils sont des éléments fondamentaux de la prévention et de la sécurité routière. Le code de la route enseigne qu’ils sont de forme et de couleur différentes et se répartissent en quatre catégories. Sans rentrer dans le détail, il y a les panneaux de danger, de forme triangulaire, les panneaux d’indication : carrés ou rectangulaires, les panneaux de prescription: ronds, qui donnent un ordre, c’est-à-dire, une interdiction ou une obligation et les panneaux de direction: carrés ou rectangulaires, parfois terminés par une flèche.

Cela dit, nous comprenons bien que par eux, nous sommes renseignés sur tout ce qui a trait à la circulation routière. Ils nous annoncent les dangers, les interdictions et les obligations qui balisent notre chemin et aussi, ils nous donnent des informations utiles à la conduite, les endroits traversés et les itinéraires à suivre pour atteindre un lieu donné. Ce sont des moyens d’information essentiels pour une circulation sécurisée et bien orientée. Ne dit-on pas d’ailleurs qu’une route sans signalisation est une route muette et aveugle ? Demandons-nous par qui ou quoi, remplacer un panneau ?

Mettons un homme à sa place, nous verrons qu’il ne tiendra pas le coup, en tout cas pas bien longtemps. Il se plaindra vite d’avoir faim, d’avoir besoin de repos, de sommeil et il se dira être bien seul, surtout s’il est en rase campagne. Il aura peur des fauves et des serpents. Il se sentira très isolé et se plaindra du soleil, de la pluie, du vent et du froid. Il ne tiendra pas en place comme une sentinelle à son poste et même s’il est prévu qu’on le relève, on n’aura jamais assez de personnel pour le faire continuellement et couvrir en même temps, tous les endroits susceptibles de recevoir un panneau. Si on devait en faire le décompte, ils pourraient bien se chiffrer en millions sur tout le réseau routier national.

C’est aussi simple à dire et important à rappeler, les panneaux sont en place, à toute heure du jour et de la nuit, et par tous les temps qu’il fait. Nous les regardons et ils nous parlent. Ils nous informent, nous alertent, nous dissuadent, nous obligent et nous orientent. Ils ne se plaignent de rien, n’ont pas de besoins ou de faiblesses organiques, sentimentales ou autres.  Ils n’ont pas peur des éléments qui se déchainent, ne sont pas distraits, influençables ou ‘’corruptibles’’.

Reconnaissons qu’ils sont bien utiles aux usagers qui se déplacent sur terrain inconnu ou qui abordent une zone à haute intensité de circulation.

Chez nous, les panneaux font grandement défaut. Il en manque encore beaucoup pour combler les besoins énormes qui se font sentir dans tout le pays, surtout en rase campagne, domaine de la gendarmerie.

Ce déficit est en train d’être progressivement comblé  dans certaines villes de l’intérieur et à Conakry. Du moins, si l’on prend en compte le dernier projet qui a permis l’implantation d’un millier de panneaux par la DNTT (Direction Nationale des Transports Terrestres). Celui que l’on voit ici, à l’image, est de ce lot.

Hélas, il est loin d’être le seul dans cet état. Des dizaines d’autres sont dans une situation analogue, voire pire. Il y en a qui ont déjà carrément disparu, enlevés par des citoyens peu scrupuleux pour des usages divers, ou par des ferrailleurs qui les recyclent pour les revendre. On a vu des exemples fort illustratifs : une ménagère en mal de plateau, qui s’en sert pour ses ventes à la sauvette!

Bien des fois, les panneaux sont heurtés par les automobilistes qui les tordent, les cassent ou les arrachent  de leur socle. Puis, c’est un silence total qui s’ensuit! Personne pour les redresser, les remplacer ou les replanter. Et quelque temps après, c’est autour des‘’charognards’’de faire la voirie. Et toute trace disparaît. On n’en parle plus!

Pourtant, ce sont d’importants efforts financiers qui sont consentis pour importer et implanter ces outils utiles et indispensables à une bonne circulation routière. Tous les usagers y trouvent leur compte. Malgré que beaucoup ne savent pas les lire ou ne les respectent guère.

Pourquoi restons-nous indifférents, face à tout ceci? N’est-ce pas là une vraie coulée financière et  matérielle qui se produit sous nos yeux? N’est-ce pas là une forme d’aggravation des risques routiers que nous contribuons à renforcer ?

Quel est l’avenir de ce panneau STOP? Connaîtra-t-il le même sort fatal que bien d’autres avant lui? L’avenir nous le dira bientôt. Nous restons attentifs pour en connaître la suite.

D’ici-là, nous allons déplorer le désintérêt palpable dont les panneaux sont l’objet de la part de bon nombre de nos concitoyens. Jusqu’aux auto-écoles, cette tendance est manifeste. Bien des inscrits dans ces centres de formation avouent ne pas trop s’intéresser à l’enseignement du code de la route, vu l’inadéquation entre celui-ci et la réalité sur le terrain.

Vivement, que les panneaux de signalisation se multiplient chez nous et soient respectés et protégés. Pour une meilleure circulation routière !