Artisanat-Lélouma : avec des moyens rudimentaires, un chaudronnier met au point un motoculteur  

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C’est une invention qui impressionne aujourd’hui plus d’un à Lélouma. Grâce à son génie créateur, ce chaudronnier a réussi à mettre au point avec des matériaux locaux peu coûteux un motoculteur. Cet engin artisanal contribue pour une large mesure à faciliter certains des travaux des agriculteurs locaux. A partir d’un moteur de la moto FDMCO, l’homme a su faire un assemblage de barres de fer pour pouvoir créer cette machine qui permet d’effectuer de gros travaux de labour en un temps très réduit avec une faible consommation d’essence.

Interrogé par rapport à ses motivations, l’inventeur de la machine Thierno Sadou Diallo explique :   » vous savez chez nous, les populations sont généralement à vocation agro-pastoral. Et l’agriculture est incontournable pour notre développement. C’est un secteur fondamental. Chez nous, on se sert encore de la daba ou des taureaux pour le labour des champs. Mon objectif vise à ne plus faire recours aux taureaux pour labourer les champs et ensuite permettre à tout le monde de faire de vastes champs avec des moyens vraiment à la hauteur de chacun pour atteindre l’autosuffisance alimentaire ».

Revenant sur le matériel et l’expertise ayant permis d’atteindre ce résultat, le Sadou Diallo précise :  » c’est un rêve qui m’anime depuis longtemps. J’avais beaucoup réfléchi sur le projet. J’avais tout conçu dans la tête jusqu’au plus petit détail. J’ai cherché un moteur FDMCO et le matériel nécessaire. Il s’agit entre autres, des barres de fer, les câbles, la daba, un réservoir à l’essence. (…) J’ai tout monté et le premier essai a été vraiment une réussite. C’est une machine avec laquelle on peut labourer une à deux hectares environs avec deux à trois litres d’essences. Actuellement, je suis en train de voir comment mettre en place un autre motoculteur un peu plus puissant sur lequel j’envisage de monter deux houes pour mieux faciliter le travail « , promet-il.

Sur la question de savoir comment compte-t -il vendre son invention, Thierno Sadou Diallo mise sur deux options. Soit dupliquer cette machine selon les besoins des communautés, soit la prendre en location.

 » Pour le moment, je suis en train de voir si je vais fabriquer d’autre motoculteurs et les proposer à la communauté. Ou bien si je vais mettre celui-ci en location. Je ne me suis pas encore décidé. Mais ce qui reste clair, j’ai la volonté d’aider dans le sens de l’amélioration de l’agriculture. Je compte œuvrer dans ce sens pour une meilleure praticabilité de l’agriculture à Lélouma. J’envisage même de confectionner une autre machine pour la récolte de la pomme de terre. »

Néanmoins, Thierno Sadou Diallo sollicite l’appui de tout le monde pour mieux faire et aider à améliorer les conditions de travail. Car, selon lui, le talent ne manque pas mais ce sont les moyens qui font défaut.