Assemblée nationale : La commission santé présente son rapport de visites des infrastructures sanitaires

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La commission santé de l’Assemblée nationale a présenté, mercredi 27 février 201, son rapport de visites des infrastructures sanitaires du pays. Cette mission s’inscrit dans le cadre du contrôle de l’action gouvernementale par l’Assemblée nationale. Pour effectuer ce travail qui s’est déroulé du 23 juillet au 1er août 2018, quatre groupes ont été constitués afin de sillonner les quatre régions naturelles du pays.

Ce projet de visites consistant à évaluer les structures sanitaires du pays et faire des échanges avec les citoyens sur le fonctionnement du système de santé est dénommé « Participation des citoyens à la gouvernance de la santé (CIHG). Mené par FHI 360 en collaboration avec les partenaires d’exécution dont Search For Common Ground et Social Impact, ce projet a été financé par l’Agence américaine au développement international (USAID). Il vise à améliorer la compréhension et la participation des citoyens sur le système de santé guinéen.

Lors de la présentation du rapport de visites, Dr Ben Youssouf Keita, président de la Commission santé de l’Assemblée nationale, a fait savoir que les équipes constituées ont visité trois hôpitaux nationaux et un centre médical communal (Conakry), sept hôpitaux régionaux, seize hôpitaux préfectoraux et trente centres de santé.

Selon Dr Ben Youssouf, les recommandations faites lors de la mission effectuée en 2017 ont été appliquées, car, dit-il, la plupart des structures sanitaires visitées en 2017 ont fait des efforts considérables dans l’amélioration de l’environnement du travail. « Ce constat se fait sentir à travers la propreté des locaux et toilettes dans les structures sanitaires et l’assainissement de la cour. L’Etat guinéen et les partenaires techniques et financiers ont doté au cours de l’année 2018 beaucoup de structures sanitaires en équipements et matériels. C’est le cas de la rénovation et l’équipement complet de la maternité de Kankan et celle de Siguiri, la maternité de Kouroussa, l’équipement des structures sanitaires de la Guinée forestière », a-t-il souligné, avant d’évoquer d’autres situations très critiques : « Par contre, il existe encore des structures qui sont en manque total d’équipements. C’est le cas du centre de santé de Kounsitel (Mali) où les matelas des lits sont toujours en paille et en mauvais état, le manque de lits dans les salles, conduisant souvent à mettre deux nouveau-nés et leurs mamans dans un seul et même lit. A Siguiri par exemple, il y a des lits sans matelas. »

Pendant leur mission, les députés ont constaté la faiblesse et le retard des subventions accordées aux structures sanitaires de l’intérieur du pays, le retard des travaux de rénovation des infrastructures sanitaires à l’intérieur du pays, mais aussi d CHU de Donka dont les travaux d’extension devaient finir en décembre 2017. A cela il faut ajouter la faible déconcentration des services spécialisés, ce qui, selon la commission santé, surcharge des structures sanitaires de Conakry.

Les députés révèlent qu’en 2018, près de 80% des nouvelles recrues étaient à leurs postes, contrairement à 2017 où ce même taux d’abstention était constaté.

Dans son rapport, la commission santé de l’Assemblée nationale a recommandé la renovation du CHU d’Igance Deen, la prise des dispositions pour la finition rapide des infrastructures en chantier, notamment les hôpitaux de Dabola, Karfamoriah, de Fria; mettre en œuvre des stratégies de déconcentration de certains services spécialisés, notamment ORL, diabétologie, urologie.

Dans son intervention, le ministre de la Santé, Dr Edouard Nyankoye Lamah, a reconnu des retards dans l’exécution des travaux d’infrastructures sanitaires : « Il faut que je vous le dise, il y a eu beaucoup de décaissements qui ne correspondent pas au niveau des travaux. Mais, conscients de cela, puisque nous restons redevables au peuple de Guinée, nous avons envoyé deux ou trois lettres de mise en demeure de ces entrepreneurs pour que ces travaux soient achevés, sinon nous allons saisir, si ce n’est pas déjà fait, l’Agent judiciaire de l’Etat. »

Sur les absences aux postes d’affectation, Dr Edouard affirme que des mesures vont être prises avec le département de la Fonction publique : « Nous savons aussi, au point de vue des ressources humaines, il y a des difficultés liées à plusieurs facteurs, mais essentiellement la fidélisation aux postes. On mute quelqu’un, il va aller prendre service et obtenir son certificat de prise de service, mais il quitte la zone. Nous le savons et le gouvernement a instruit mon département avec la Fonction publique de prendre les mesures qui s’imposent. »