Autonomisation des femmes: où sont passés les 900 millions de la MUFFA de Guéckédou?

juillet 20, 2018 1:43
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Madame Thérèse Millimouno, présidente de la Mutuelle Financière des Femmes Africaines (MUFFA) de Guéckédou ne décolère pas. Elle est furieuse contre le ministre Conseiller à la Présidence, Marc Youmbono qu’elle accuse d’avoir détourné les 900 millions alloués à sa mutuelle.

C’est une femme révoltée que nos confrères de la Radio Espace Fm ont reçue ce matin dans leur studio. Confrontée aux responsables des mouvements parallèles qui auraient été mis en place par le ministre pour, dit-on, déstabiliser la MUFFA de Guéckédou, elle ne s’est pas laissé marcher sur les pieds.

Pour rappel, retenons qu’en 2015, le président de la République dans sa politique de lutte contre la pauvreté et l’autonomisation de la femme par la facilitation de l’octroie de crédit, a aidé les femmes de Guéckédou à installer la MUFFA. Cette installation d’une mutuelle de développement à la base, crée de l’engouement et obtient l’adhésion des cadres originaires de la région qui ont mis la main à la poche pour le démarrage des activités. La MUFFA de Guéckédou s’installe et se structure.

Les responsables sillonnent les villages et les hameaux pour apporter la bonne nouvelle.  Plusieurs femmes s’inscrivent avec une cotisation de 210 mille francs guinéens par personne. La mayonnaise a pris. Il faut s’adresser à la banque-mère du projet. La MUFFA de Guéckédou, solide et équilibrée, se rend à Afrilandbank à Conakry et obtient une signature d’un prêt d’un milliard de francs guinéens. Sur le champ, un chèque de 100 millions tombe avec la promesse de récupérer les 900 millions restants dans les deux semaines qui suivaient. C’est là que va commencer le calvaire de Mme Thérèse Millimouno et son groupe.

Après avoir reparti les 100 millions entre les 600 membres que compte la mutuelle, elles reviennent à la banque pour sortir les 900 millions restants. A leur grande surprise on leur fait comprendre qu’il faut d’abord rembourser les premiers 100 millions décaissés. Ce qui, selon Thérèse Millimouno, n’était pas dans les clauses au départ. Elle retourne alors rendre compte à ses mandants à Guéckédou. Comment rembourser les 100 millions dans un tel délai ? Cette nouvelle crée le découragement dans les rangs des membres qui se voient grugées après avoir payé 210.000 comme frais de cotisation. Elles réclament à leur tour les frais d’adhésion (210.000). Quatre semaines après, Thérèse et son équipe retournent à la banque à Conakry dans l’espoir de retirer le chèque des 900 millions.  Si elles savaient ! Comme un coup de tonnerre, elles apprennent que les 900 millions ont été décaissés. Par qui ? Mystère ! Mais toutefois, on leur annonce l’existence d’une mutuelle au sein du mouvement «Dompillon», originaire de Guéckédou  installé à Conakry, et qui a les mêmes objectifs que MUFFA. Ça y est ! Thérèse et ses amis déduisent qu’il y a une MUFFA parallèle  à Conakry qui agi en leur nom et qui a bloqué les 900 millions.

Renseignements pris, elles voient la main du ministre Conseiller, Marc Youmbono derrière « Dompillon » et sa Mutuelle Communautaire de Développement installée à Conakry. De file à aiguille, les responsables de la MUFFA de Guéckédou, découvre la chaîne  de « Dompillon » parrainée par le ministre Marc Youmbono, tenue par Mme Kadouno et Jean-Pierre Kamano.

 Interrogés par nos confrères d’Espace, les mis en cause, le ministre Marc Youmbono, Mme Kadouno et Jean-Pierre Kamano ont nié en bloc l’accusation. Comme quoi, « Dompillon » est un mouvement politique crée en 2009 et qui a soutenu le Pr Alpha Condé  lors de la présidentielle 2010 et celle de 2015. Ce n’est pas une MUFFA.  Apprendront-ils à nos confrères, tout en précisant qu’ils ont un projet de mise en place d’une Mutuelle Communautaire de Développement.

Pour Thérèse Millimouno, c’est clair. C’est ce mouvement « Dompillon » et sa MC2 qui sont à la base du détournement des 900 millions qui ont été octroyés à sa mutuelle et qui les a freinées dans leur élan.

Pour l’heure, tous les regards sont tournés vers Afrilandbank pour dire exactement le nom de la personne ou de l’institution qui a fait main basse sur les 900 millions de francs guinéens.