Axe Kankan-Mandiana désastreux : las, les usagés interpellent Alpha Condé

septembre 8, 2018 9:26
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La route Kankan-Mandiana demeure en cette saison des grandes pluies, un véritable chemin de croix pour ses usagers. Hormis la quinzaine de Kilomètres bitumée à l’occasion du fameux projet de reconstruction lancé en juin 2014 par le président Alpha Condé alors en quête d’un second mandat, cet axe routier demeure périlleux pour ses nombreux usagers. Tel est le constat fait par la rédaction locale de Guinéenews©.

Pour s’en convaincre, il suffit de l’emprunter en ces mois d’août-septembre assez pluvieux en Haute Guinée. Et à partir du carrefour Kassa au PK 17 qui marque la fin du bitume réalisé par l’entreprise GUITER, le reste du tronçon sur près de 70 kilomètres ressemble à tout, sauf à une route nationale.

Avec de vastes bourbiers et autres trous béants qui longent quasiment tout le parcours, seuls les chauffeurs téméraires osent s’aventurer. Et pour ceux-ci, il faut 14 heures de temps dans des vieux taxis-brousses ou minibus, pour arriver à Mandiana. Quant aux gros porteurs avec des cargaisons de marchandises, ils mettent 3 à une semaine s’ils échappent à l’embourbement.

C’est justement pour en finir avec cette galère qui ne fait que se prolonger pour les usagers et les populations, que des voix se font de plus en plus entendre pour nous dit-on, exiger au président Alpha Condé, le respect de sa promesse qu’il aurait tenue en juin 2014.

C’est en tout cas le cri de cœur de Mohamed Sy Savané, Bangaly Sangaré, Karamo Diané, Mamadou Oury Diallo et Souleymane Diakité tous des usagers en difficulté, rencontrés dans des bourbiers entre les districts de Farabana et Nêrê Kôrô à 35 kilomètres de la ville de Kankan.

« La situation assez lamentable de cette route est la preuve évidente de notre abandon par nos dirigeants. A cause de l’inexistence de la route, ça me fait trois jours entre Kankan et Nêrê Kôrô sur une distance de 35 kilomètres. De la boue rien que de la boue entre Kankan et Madiana », s’est lamenté Mohamed Sy Savané, chauffeur d’un camion remorque de la société SODEFA.

C’est le même son de cloche chez Bangaly Sangaré et Karamo Diané également chauffeur qui semblaient assez dépités et déçus par l’état de cette route.

Pour Bangaly Sangaré, la promesse est une dette et Alpha Condé doit tenir ce qu’il a promis. « En 2014, lorsque le président Alpha Condé promettait la reconstruction totale de cette route, nous avions grand espoir d’en finir avec ces bourbiers en saison des pluies et des nuages de poussière en saison sèche. Malheureusement, ce n’est pas le cas et depuis des années sans recours, nous bravons ce calvaire pour survivre. Au président Alpha et à son gouvernement, je leur dis que trop c’est trop, les populations de Mandiana sont fatiguées », dit-il.

Quant aux autres passagers affamés après des heures et ou des jours de blocus dans la boue, ils exhortent les dirigeants actuels à la crainte de  Dieu.

« Je demande aux dirigeants actuels du pays, d’avoir peur du pêché et de la colère divine. Qu’ils pensent maintenant à nous, populations qui souffrent partout et dans tous les secteurs à cause de leurs irresponsabilités. Il n’y a pas de route, parce qu’ils n’ont rien fait alors que les gens s’acquittent des taxes et impôts » s’est insurgée Makoura Traoré, une passagère en partance pour la Côte d’Ivoire.

Sur l’argument du manque d’argent avancé par le gouvernement guinéen, pour chambouler le contrat initial de la construction de la route Kankan-Mandiana (100 Km) sur 36 mois et que l’Entreprise GUITER devrait exécutée, beaucoup de  citoyens n’y croient pas. La plupart de nos interlocuteurs le long de l’axe routier mettent en avant plutôt du manque de volonté politique des gouvernants actuels.

Et c’est pourquoi, tous ou presque demandent expressément au président de la république, le déblocage du chantier avec la mise à disposition des fonds nécessaires à la poursuite des travaux dont 17 kilomètres de bitume sont réalisés entre Kankan et le district de Kotèro (sous-préfecture de Balandou) par la même entreprise.

En attendant que le gouvernement ne bouge pour la suite des travaux de construction de la route Kankan-Mandiana (RN7) et mettre fin ainsi à la souffrance des usagers, le risque d’une interruption du trafic semble être assez grand en cette saison des pluies. Car outre les grands bourbiers qui jonchent le tronçon, la montée des eaux interrompe  déjà par endroit, la circulation des personnes et de leurs biens.